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vendredi 4 septembre 2020

RIDICULAM SALO*


RIDICULAM SALO*
Drôle de ressac

A tort, ou à raison, je me croyais coupable,
Coupable d’avoir laissé au creux de la vague,
Les spumescents reflets, et qu’au matin, élague
La turbulente lame s’écrasant sur le sable.

Ai-je viré de bord, avant de m’écraser
Sur l’estuaire jouxtant les mortes rives ?
Me serais-je laissé battre, en dérive
Des vents, sans m’en apercevoir... grisé

D’embruns, de sel marin, tempêtes ;
Ai-je du tourbillon de flots sonores,
Le maelström que l’onde bleue honore,
Lesté la cadence chahutée à son faîte ?


Et si j’étais, de ce lit d’infortune, ce berceau,
L'ombre se cognant au rostre du navire,
Aux roulis dont les reflux chavirent
Avant de s’écraser à la proue du vaisseau !

Si ma couche bambane frappée de solitude,
Pleurait tristes matins, quand se froissent
Les mânes de l’éveil incertain… et que poisse
L’errance déliée céans, de la rectitude !

Mes larmes en un ressac, donneraient ton
Aux sanglots incivils ; ils blessent l’enfant
Que je veux devenir, en soufflant
Les bougies du passé, ces tristes rogatons

Aux vacillantes flammes d'infortunes
Dont je fais laptot, moi, pauvre matelot
Asservit aux rites coloniaux d’hottentots
Sans bagages, aux lois inopportunes.


Drôle de ressac que ce rêve agité,
Échoué sur les côtes landaises
Surplombées de rudes falaises !
S'y brise l’espoir, un jour, d’ingurgiter

De la fiasque, le nectar salvateur
Échappé du long col ébréché,
Qu’acidifient les sucs trop séchés,
L’élixir prisé du gosier adducteur.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020