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samedi 26 septembre 2020

MARY

 

MARY

 

Mary, j’ai tout perdu en l’aube embuée,

A l’heure où les bretteurs de cours

Dégainent la flamberge ; s'y laisse huer,

L’orateur lesté de vains et arrogants discours.

 

J’ai perdu le sommeil au tertre d’insomnies

Entassées en ce mal dépeçant ma quiétude ;

Les fièvres ont flatté du feu de mes dénis,

L’illusoire concept piégé de l’hébétude

 

Dont font montre les fous en parade de nuits,

Les déments en guenilles de captifs satisfaits

De ce joug posé au col de l’esclave qui fuit,

Pour s’éloigner du pal l'accusant de méfaits.

 

Mary, mon âme implore, sans s’y rompre,

Celui qui, Seul, délivre du bât, l’enfant

Du Sacrifice, l’être dont on veut interrompre,

Sans quitus... lorsque l’on s’en défend,

 

L’inéluctable poussée… se doit-il au piège

Des loups, laissé broyer, sans du carcan,

Défausser l’ouverture, espérer aux décans,

Resplendissante lune si les brumes l'assiègent ?

 



Mary, vois mon enfance baver ses glaires !

S’éteignent de mes rires, la subtile coulée ;

J’ai froid en ces dimanches de solitaire,

Mal, en ce martel d’inclusif refoulé

 

De la gent muée d’amertume ; larmes devenues,

Mes sourires béats, sans autre prépotence,

Annihilent des joies du passif ingénu,

Symphonique liesse, par-delà l’existence

 

Des miennes répliques… Mary, lie à mon deuil

D’incivil pleurnichard, ce drapé dont les rois

Au trône des victoires, faisant fi de l'écueil,

S’enveloppent  fiers, brisant du désarroi,

 

Les affres embranchées aux parois

Du doute manifeste, si la crainte l’effeuille !

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020