MARY
Mary, j’ai tout perdu en l’aube embuée,
A l’heure où les bretteurs de cours
Dégainent la flamberge ; s'y laisse huer,
L’orateur lesté de vains et arrogants discours.
J’ai perdu le sommeil au tertre d’insomnies
Entassées en ce mal dépeçant ma quiétude ;
Les fièvres ont flatté du feu de mes dénis,
L’illusoire concept piégé de l’hébétude
Dont font montre les fous en parade de nuits,
Les déments en guenilles de captifs satisfaits
De ce joug posé au col de l’esclave qui fuit,
Pour s’éloigner du pal l'accusant de méfaits.
Mary, mon âme implore, sans s’y rompre,
Celui qui, Seul, délivre du bât, l’enfant
Du Sacrifice, l’être dont on veut interrompre,
Sans quitus... lorsque l’on s’en défend,
L’inéluctable poussée… se doit-il au piège
Des loups, laissé broyer, sans du carcan,
Défausser l’ouverture, espérer aux décans,
Resplendissante lune si les brumes l'assiègent ?
Mary, vois mon enfance baver ses glaires !
S’éteignent de mes rires, la subtile coulée ;
J’ai froid en ces dimanches de solitaire,
Mal, en ce martel d’inclusif refoulé
De la gent muée d’amertume ; larmes devenues,
Mes sourires béats, sans autre prépotence,
Annihilent des joies du passif ingénu,
Symphonique liesse, par-delà l’existence
Des miennes répliques… Mary, lie à mon deuil
D’incivil pleurnichard, ce drapé dont les rois
Au trône des victoires, faisant fi de l'écueil,
S’enveloppent fiers,
brisant du désarroi,
Les affres embranchées aux parois
Du doute manifeste, si la crainte l’effeuille !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020

