pinterest

dimanche 27 septembre 2020

TRISTIS ES*

 

TRISTIS ES*

C’est triste

 

C’est triste de penser qu’il n’y a plus d’amour,

Que le temps nous dévore, et que le mal d’aimer

Est un mal nécessaire, en l’illusoire détour

Où les amants se perdent, sans se trop abîmer.

 

C’est triste de rêver, quand la nuit interpelle

Du matin à venir, les nuances vermeilles,

Les tons floutés de l’aube, en ce juste rappel,

Peu à peu, émargé du factice sommeil.

 

C’est triste de chanter aux amitiés défuntes,

A ces complicités d’écoliers sans bagages ;

Oh ! Il en a fallu, aux routes qu’ils empruntent,

De fastueux détours, à nos voies de garage !

 



C’est triste de crier du fond de ce puits

Où croupissent les larmes d’amoureux vaincus ;

Les souvenirs s’émiettent, se dissolvent… et puis,

L’on se rassure de ces moments vécus

 

Que d’autres voient flétrir en l’œil de la folie

Torsadant de nos joies, le cylindre rompu…

S’il est vrai que l’audace du désir, ramollit,

Plus vrai, est le miroir aux reflets corrompus !

 

C’est triste de parler de ceux dont on ignore

Au moite renouveau, point de l’aurore claire,

Dénaturant l’espèce en devenir, qu’honore

L’éphémère fragrance, les colères-éclairs.

 

C’est triste d’avancer seul, amputé de l’espoir

De voir naître du jour, avant le grand départ,

De folâtres lueurs sans jamais en emboire

De la munificence, les fragiles remparts.  

 

Tout est triste à mourir depuis Ève, l’amante

Du serpent séducteur… Adam n’a su _ hélas !_

Au for de ces vertus dont le vice s’aimante,

Enclore le péché dont le faible s’enlace…

 

Si de mon retenir, au souffle créatif, ma plume

Se fait herméneute d’un soir, pucherai de l’encre,

Afin de m’en repaître, si mon verbe l’assume,

La dive contexture… avant de jeter l’ancre.

 



D’aucuns diront de moi… sans doute : _

Aux badines des louves, sans prémonitions,

S’est laissé couver… sa verve en déroute,

Ses rixes sublunaires, à jamais absoutes,

Marqueront de l’emphase, sans ostentation,

Le relais où les mots vrais s’encroûtent,

Pour de la lexie des pairs que le faraud redoute,

L’idiome des sages... sans compromissions,

S’arguent d’autres pensées, à l’éveil de l’écoute.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020