NOCTE
ANIMAM*
La nuit des âmes
La nuit porte sommeil aux lunes étrécies,
Quand l’angoisse pénètre d’un violent acide,
La lucarne où bâillent les âmes endurcies,
Et qu’égrènent les songes molestés de rides.
La nuit enfourche des ténèbres viciées,
L’infernale monture chevauchant le silence
D’ombres élevées au pal des suppliciés,
Hissé au faîte du péché rythmé de décadence.
La nuit, de ses trop lourds bagages, s’est défaite,
Pour avancer sans mal, au marchepied des rois,
Pour détruire sine die,
des royaumes en fête,
L’opulente débauche raillant le désarroi…
La nuit s’est installée en nos paupières closes,
Poudrées de sel perlé du conduit lacrymal
Obturé en l’intense, de sanglots moroses,
Qu’éveillent peu à peu, les feintes animales.
Le monde touche à sa fin, condamnant le sceptique
Vautré en l’illusoire de ces nuits maquillées
De rites contre-nature, de prêches syncrétiques,
Soignés du parpaillot aux actes éparpillés ;
La nuit vient lui offrir ses plus noires teintes,
Son sombre mascara, pour mieux cosmétiquer
Du cœur impénitent, lesté de mille plaintes,
L’habitacle cossu, le gîte si peu domestiqué.
Bientôt, la nuit viendra couvrir d’un gris linceul,
Cette terre maudite dont Ève, l’infidèle, à talé
D’un pas imprudent, et pour demeurer seule,
L’espace tellurien jouxtant de la vallée,
Les rainures fluviales agrémentant l’Euphrate
Dont Adam puisait pour s’étancher parfois,
Le beau miroitement où finement éclatent
De douces crispations déliées du froid.
Nuit de feu, de cendres… nuit maudite, de sang
S’achève en un deuil-accessoire, ta portée ;
Ta course est achevée… ton drapé indécent
Étrangle ta superbe… te voilà déportée !!!
Armand Mando
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