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samedi 19 septembre 2020

CÉLINE

 

CÉLINE

 J’ai rêvé, je l'avoue, Céline, ma mie,

De nuits d’encre, aux nôtres voulues ;

Tout était artefact, imaginaire goulu...

De l’imaginative, aux désirs insoumis,

 

La beauté de l’espèce torsadait nos vies

De fastueux entrelacs, d'arabesques

Semblables au sabir de sultanes mauresques ;

Céline, très chère, dois-je de nos envies,

 

Nouer le translatoire, puis, de la vacance

Des joies, aux miennes pareilles,

En d’évasifs transports, égrapper de la treille,

L’uvale harmonie, la dive quintessence ?

 

Parfois, aux heures riches de solitude,

Ma plume imbue de libertés premières,

Ivre de remembrances fardées de lumières,

Bague de la stylistique, la juste rectitude.

 

Se peut-il, à ma gourme railleuse, que les mots

Se vêtent d’apparence, mon verbe, d’éloquence (!?)

Dois-je de la livrée sertie d’un camée d’allégeance,

Façonner de la mue, les clinches de fermaux ?

 

Céline, mon tendron de bohème, vous, princesse

De tierces majeures, greffon de ma bouture,

Offrez-moi vos nuits dont l’aurore ceinture

Les rougeâtres nuances ! Faites de ma détresse,

 

Avant que je m’y perde, bouquet de parhélie !

Mes longs doigts de soliste sur touches ivoire,

Traceront aux cantates miennes, sans les voir,

D’éphémères portées taclant de l’homélie,

 

L’ennuyeuse morale de prêcheurs jacassiers,

Ces prolixes de messe au verbiage poussif…

Céline, ma romance… ai-je de l’inclusif

Grimé la métaphore ; dois-je, en conférencier,


Du déclamatoire, nier l’impudique faconde,

Abrutir l’orateur de harangue, le rhéteur

De cénacle, dont Ptolémée, en fin débatteur,

Exécrait le pompeux, et qu’inondent

 

De putrides saucées, les sophistes glacés,

Ces hellénistes sis en triumvirat…

Bien fol, celui qui, plein d’audace, en rira !

J’aime en ces joutes tronquées, paresser !!!

 

Céline, de mes lunes éteintes, à vos soleils moirés,

Distance aucune ne se peut imposer… venez,

Il y a des jardins où l’amour nous veut ramener,

Des prairies dénervées de hallier… nos soirées

 

Accuseront promesses, sans s’y jamais délier ;

Ma peau, à votre chair réceptive aux caresses,

Clouera de fins baisers, votre nombril qu’agressent

Les geignements poussifs de l'humiliée

 

Sevrée d’étreintes, la rosière sans âme,

Dont l’illusoire pommade vacuité… pauvrette

De litières fanées, triste cousette

Emmurée au cloître de servitudes infâmes.

 

Vous ferai connaître de la soif, la réelle pépie,

Allumerai à la pointe du sein vôtre, l’étincelle

Irradiée de vexatoires blandices… infidèles,

Vos cuisses en tenailles quémanderont répit…

 

Ma langue balaiera de votre rose plaie, l’hymen

En corolle au bord de ma balèvre… aspirerai

Du flux de vos angoisses, avant de soupirer,

L’énergie salutaire, ces sucs dont la rage malmène

 

La fautive, brisée sous l’amant guerroyant

En spadassin vainqueur du pugilat…

En un ferme coït, en reptation, çà et là,

Chercherai issue, las, repu, en bâillant

 

La didascalie empruntée au larvaire,

Ce bupreste défait d'élytres, cet agrile

Piégé de l’échancrure de plaie_ servile

Assujetti au rythme du jeu à découvert…

 

Céline serai le même, jusqu’au bout de l’allée

Où passent les galants rivés à la vertu…

Le plaisir ne peut, en mes humeurs pentues,

Atteindre le faîte, sans s’y faire empaler.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020