De nuits d’encre, aux nôtres voulues ;
Tout était artefact, imaginaire goulu...
De l’imaginative, aux désirs insoumis,
La beauté de l’espèce torsadait nos vies
De fastueux entrelacs, d'arabesques
Semblables au sabir de sultanes mauresques ;
Céline, très chère, dois-je de nos envies,
Nouer le translatoire, puis, de la vacance
Des joies, aux miennes pareilles,
En d’évasifs transports, égrapper de la treille,
L’uvale harmonie, la dive quintessence ?
Parfois, aux heures riches de solitude,
Ma plume imbue de libertés premières,
Ivre de remembrances fardées de lumières,
Bague de la stylistique, la juste rectitude.
Se peut-il, à ma gourme railleuse, que les mots
Se vêtent d’apparence, mon verbe, d’éloquence (!?)
Dois-je de la livrée sertie d’un camée d’allégeance,
Façonner de la mue, les clinches de fermaux ?
Céline, mon tendron de bohème, vous, princesse
De tierces majeures, greffon de ma bouture,
Offrez-moi vos nuits dont l’aurore ceinture
Les rougeâtres nuances ! Faites de ma détresse,
Avant que je m’y perde, bouquet de parhélie !
Mes longs doigts de soliste sur touches ivoire,
Traceront aux cantates miennes, sans les voir,
D’éphémères portées taclant de l’homélie,
L’ennuyeuse morale de prêcheurs jacassiers,
Ces prolixes de messe au verbiage poussif…
Céline, ma romance… ai-je de l’inclusif
Grimé la métaphore ; dois-je, en conférencier,
Du déclamatoire, nier l’impudique faconde,
Abrutir l’orateur de harangue, le rhéteur
De cénacle, dont Ptolémée, en fin débatteur,
Exécrait le pompeux, et qu’inondent
De putrides saucées, les sophistes glacés,
Ces hellénistes sis en triumvirat…
Bien fol, celui qui, plein d’audace, en rira !
J’aime en ces joutes tronquées, paresser !!!
Céline, de mes lunes éteintes, à vos soleils moirés,
Distance aucune ne se peut imposer… venez,
Il y a des jardins où l’amour nous veut ramener,
Des prairies dénervées de hallier… nos soirées
Accuseront promesses, sans s’y jamais délier ;
Ma peau, à votre chair réceptive aux caresses,
Clouera de fins baisers, votre nombril qu’agressent
Les geignements poussifs de l'humiliée
Sevrée d’étreintes, la rosière sans âme,
Dont l’illusoire pommade vacuité… pauvrette
De litières fanées, triste cousette
Emmurée au cloître de servitudes infâmes.
Vous ferai connaître de la soif, la réelle pépie,
Allumerai à la pointe du sein vôtre, l’étincelle
Irradiée de vexatoires blandices… infidèles,
Vos cuisses en tenailles quémanderont répit…
Ma langue balaiera de votre rose plaie, l’hymen
En corolle au bord de ma balèvre… aspirerai
Du flux de vos angoisses, avant de soupirer,
L’énergie salutaire, ces sucs dont la rage malmène
La fautive, brisée sous l’amant guerroyant
En spadassin vainqueur du pugilat…
En un ferme coït, en reptation, çà et là,
Chercherai issue, las, repu, en bâillant
La didascalie empruntée au larvaire,
Ce bupreste défait d'élytres, cet agrile
Piégé de l’échancrure de plaie_ servile
Assujetti au rythme du jeu à découvert…
Céline serai le même, jusqu’au bout de l’allée
Où passent les galants rivés à la vertu…
Le plaisir ne peut, en mes humeurs pentues,
Atteindre le faîte, sans s’y faire empaler.
Armand Mando
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