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lundi 28 septembre 2020

NESTED SPECTRIS*

 

NESTED SPECTRIS*

Spectrales nichées

 

Nos cités ont fondu sur le gris macadam ;

Ont coulé au pied des promontoires

Détachés de la mer, pour fendre des trottoirs,

Le relief érodé que les spires enflamment.

 

Nos maisons n’ont plus d’âme, vieillissent,

Encroûtées de lézardes, de froides éraillures

Dont la moiteur dépèce l’imposante toiture ;

Ne sont plus que ruines, fragments d’éclisse.

 

Le bassin aux poissons a perdu sa stature ;

Ses pâles craquelures redessinent l’ouvrage

Du fier ornemaniste… blanchissent sous l’alliage,

Les minuscules sillons de cette architecture.

 

Les flambées de décembre ont abandonné l’âtre,

Et de la vitre sale, sur de poisseuses traces,

Le spectre d’insectes gris, et que jamais n’efface

Le temps désagrégé des congères albâtres.

 


Nos peines et nos joies s’allient au même pal ;

Les rires se sont tus en des voies sans issues,

De puantes ruelles, loin des fiefs cossus,

Où jadis la noblesse, aux noces et aux bals,

 

Couronnait les serves du règne d’Alphatia ;

Ces fidèles suivantes plaisaient aux chevaliers ;

En brocards de marquises, aux riches paliers,

S’offraient passionnément sous le forsythia.

 

Au balcon des furtives amours, des baisers volés

Aux nuits cendrées,  sous l’arceau des promesses,

Quand ronflait la bourgade bouffie, la jeunesse

Épiait du damoiseau aux belles envolées,

 

Le panache des lords en parade, altier,

Arborant au plastron, l’écusson du grand duc

Pétri de certitude, heureux sous la perruque

Du preste gentilhomme, louable argentier.

 



Dans ces déserts grimés de suie et de mort,

Le passé semble encor déverser au tombeau

De ces gloires fanées, des trombes d’eau,

De larmes désodées emperlées de remords.

 

La ville et la campagne s’invectivent encor,

Déçues de la catilinaire des prévaricateurs ;

Pillées, détroussées, violées, de laudateurs

Pansus ; ces vils labadens, ont crevé le décor

 

Où s’esbaudissent d’honnêtes citoyens, hommes,

Femmes, affranchis, sans la condescendance

Des larvaires de cour, ces recrues de bombance

Courbées en factotum, tanguant en métronome.

 

Enfouis sous les ruines de palais impériaux,

Endormis aux vestiges d’hier, les hominidés

De Darwin, l’impie, se gaussent des affidés

Dont l’insolence emmure à tort, le nobliau,


Ce hobereau qui de la valetaille, se gaudit,

Avec goguenardise, quand le vilain soupire

Aux primes angélus, maudissant cet empire

Où les spectres fourchus rétribuent le maudit.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020