DE
SUPERBIA*
Les orgueilleux
Ils projettent sur les murs du temps,
La haine, le mépris des nonces ;
Salivent d’improbité, dénoncent,
Sans la moindre gêne, impudents,
Ceux qui, pour se parer du froid,
Campent au pied de leur tour d’ivoire,
Courbés, roidis, à n’en plus rien voir,
Embrumés sous d’altiers beffrois…
Aux grands salons de métropoles,
Au creux d’un divan satiné, sèment
En de blessantes joutes, au soir blême,
De labiles offenses, et qu’épaule
L'auditoire de nantis ravagés
D’orgueil… ces bouffis sans âme
Pissent au matin sur le gris macadam,
Reste de violence par trop ennuagée
De vapeur, d’alcool, pris en estaminet,
Au bras de grasses hyènes plombées
D'offres mercantiles… réticule bombé,
Arpentent les couloirs dont l’efféminé
En quête de subside, emprunte le boyau
Etranglé, au fond d’impasses nues,
Empuantie de vices contre-nature, ténus…
Les bourgeois s’y entassent en pouillots
Déplumés, pour se cacher la nuit ; fardée,
Leur conscience dénoue du repentir
L’exacte prétention… ne pouvant plus pâtir,
Puisque vidée d’amour, s’en vient darder
Au vide d’aveux tronqués, implorant
Pour s’en repaître, la chatte désœuvrée
D’un luxueux bordel manœuvré
De banquistes coincés en soupirants
Retenus aux coteries mondaines,
Estampillés d'idéaux, d’arbitraire…
Le dimanche, en famille, semblent traire
Du pis d’indulgence, les calembredaines
D’un prêtre inverti, pédéraste, sodomite,
Sous voile d’un concordat papal…
Les instances en flattent le Sardanapale
Du magistère engrossé de mythes.
Voyez ces tristes culs du catéchisme,
Ce cheptel d’arrogants sans cœur ;
Ils bénissent la fesse, modulés de rancœur !
Leur vie, ce lupanar, s’orne de syncrétisme.
Ils font large sourire, en changeurs bedonnants,
Cambiste délétère, pugnace, fier du patronat
Dont ils sucent la bourse ; rêvent de mécénat…
Ignobles podestats acclamés de manants.
Au faîte de leur stèle, en lettre de feu, verrez :_
A notre
bienfaiteur et ami respectable…
Puis, quand leurs proches se mettront à table,
Diront : _ vieille
baderne toujours affairée,
Dieu te
fera payer lourds sequins et ferrets
Accaparés
aux faibles jouant d’un air affable,
Quand les
boniments s’accotaient à tes fables,
L'air du lazzarone, ce mendiant effaré !
Mes enfants,
demandons au Seigneur
De nous
prêter main forte, face aux hommes
Que votre
géniteur a transmués en gnomes,
Ce
géant en captait de la donne,
La ressource
cachée, ignorée du gagneur,
Mais connue
du tricheur usant de maldonne !
Face à ces vilenies, je remercie Le Ciel
De m’avoir fait Croyant ; Je loue Jésus,
Le Christ-Rédempteur, élevé au-dessus
De toute créature, de m’offrir L’Essentiel.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020

