FLUXA
ATQUE EXTENUATIS PROPONUNTUR*
Transitoires nuances
Percées du plantoir des civilisations,
Se bousculent les heures ; s’étiolent les minutes
De ce temps sans attaches, ni cavillations
Aptes à séduire le fat abruti de culbutes.
Les journées s’effilochent à l’horloge des ans,
Bercées de la clepsydre dégorgeant des secondes
Du reflux systolique, et qui, bon an, mal an,
Agrémente le cœur d’invites pudibondes.
De nouveaux lendemains, avions tous rêvé…
Sublimés de l’affect, supputions sans mal,
Esprit en porte-à-faux, qu’avant de dériver,
Verrions de l’amour, la beauté extrémale
Sertir de l’angoisse, l’impudique mésaise
Lésant de la prime jeunesse, sans pudeur,
L’innocuité, au babil accoré de fadaises,
Dont les lallations corroient la vraie candeur.
Des premières récrés, au cortège de plaintes
Émanées de vaines turbulences, l’enfance
S’est épuisée… aussi, des mille et une feintes
Harnachées de mensonges, la constance
Mise à mal, dupe à escient, le pauvre niquedouille,
Ce cancre en devenir, pour le mieux garrotter
Du sophisme des pairs, dont l’atticisme fouille,
Au for de la morale, l’étrange primauté…
Quand, offerte nue au baldaquin des rois,
La putain disgraciée caresse prétentions,
Se voit déjà marquise déliée des courroies
La voulant retenir au boudoir de factions,
La reine désabusée, meurtrie de désespoir,
S’offre au palefrenier dont le membre roidi
Soulève l’éconduite retenue au guipoir
Torsadant la mutine quelque peu refroidie
De l’inhabileté, l'impair du laquais,
Ce triste palefrin engoncé de hardes
Imprégnées de purin croupissant en baquet.
Et puis, dansent au clair matin, à l’aube,
De fraîches dentellières, ces vierges coiffées
De bienséance… arpètes aux longues robes
Dont les œillets flattent le cœur défait
Du riche damoiseau éclos de la musarde
Où les princes se vêtent d’euphémisme,
Pour séduire le tendron poudré, et que fardent
Les joies inexprimées, attisées de tropisme.
Alors…
Nous avançons
dépités, avachis sous les larmes
Au seuil
de l’infortune… pauvre âme déconfite
Griffée
d’illogismes… nous déposons les armes,
Avant l’ultime
rixe, le duel, la dernière faillite…
La vie
nous a offert un sein sans lactescence,
Une horrible
sucée dont la lippe a maudit
La rugueuse
coulée annihilant les sens,
Ces liesses
olfactives… à ce que l’on nous dit.
Alors ?
Alors… plus rien, qu’une dérive,
Chahutée
çà et là, de vagues agressives !
Armand Mando
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