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vendredi 18 septembre 2020

FLUXA ATQUE EXTENUATIS PROPONUNTUR*


FLUXA ATQUE EXTENUATIS PROPONUNTUR*

Transitoires nuances

 

Percées du plantoir des civilisations,

Se bousculent les heures ; s’étiolent les minutes

De ce temps sans attaches, ni cavillations

Aptes à séduire le fat abruti de culbutes.

Les journées s’effilochent à l’horloge des ans,

Bercées de la clepsydre dégorgeant des secondes

Du reflux systolique, et qui, bon an, mal an,

Agrémente le cœur d’invites pudibondes.

 

De nouveaux lendemains, avions tous rêvé…

Sublimés de l’affect, supputions sans mal,

Esprit en porte-à-faux, qu’avant de dériver,

Verrions de l’amour, la beauté extrémale

Sertir de l’angoisse, l’impudique mésaise

Lésant de la prime jeunesse, sans pudeur,

L’innocuité, au babil accoré de fadaises,

Dont les lallations corroient la vraie candeur.

 

Des premières récrés, au cortège de plaintes

Émanées de vaines turbulences, l’enfance

S’est épuisée… aussi, des mille et une feintes

Harnachées de mensonges, la constance

Mise à mal, dupe à escient, le pauvre niquedouille,

Ce cancre en devenir, pour le mieux garrotter

Du sophisme des pairs, dont l’atticisme fouille,

Au for de la morale, l’étrange primauté…

 

Quand, offerte nue au baldaquin des rois,

La putain disgraciée caresse prétentions,

Se voit déjà marquise déliée des courroies

La voulant retenir au boudoir de factions,

La reine désabusée, meurtrie de désespoir,

S’offre au palefrenier dont le membre roidi

Soulève l’éconduite retenue au guipoir

Torsadant la mutine quelque peu refroidie

De l’inhabileté, l'impair du laquais,

Ce triste palefrin engoncé de hardes

Imprégnées de purin croupissant en baquet.

 

Et puis, dansent au clair matin, à l’aube,

De fraîches dentellières, ces vierges coiffées

De bienséance… arpètes aux longues robes

Dont les œillets flattent le cœur défait

Du riche damoiseau éclos de la musarde

Où les princes se vêtent d’euphémisme,

Pour séduire le tendron poudré, et que fardent

Les joies inexprimées, attisées de tropisme.

 

                                  Alors

Nous avançons dépités, avachis sous les larmes

Au seuil de l’infortune… pauvre âme déconfite

Griffée d’illogismes… nous déposons les armes,

Avant l’ultime rixe, le duel,  la dernière faillite…

La vie nous a offert un sein sans lactescence,

Une horrible sucée dont la lippe a maudit

La rugueuse coulée annihilant les sens,

Ces liesses olfactives… à  ce que l’on nous dit.

 

Alors ? Alors… plus rien, qu’une dérive,

Chahutée çà et là, de vagues agressives !  

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020