PULVERIS
NAVALI*
Navale poudrée
Partout où les vents crèvent l’atmosphère pansue,
Où les tempêtes sifflent de fougueux maelströms,
Les océans déclinent, puis des vagues bossues,
S’éloignent peu à peu, avant de l’aquarium
S’éjecter, pour renaître en un sublime atoll
Aux rivages foulés de ces prestes amants,
Conquérants de plages filetées en étole,
Rivages dressés au clair du firmament.
Nobles contrées chahutées de bourrasques,
Somptueux espaces pétris d’ouragans,
Les crachins en déferle fondent sur la vasque
Soutenue d'estuaires où nage l’achigan ;
Des typhons, au douloureux ressac,
Les spumescents influx de la mer en furie
Caressent l’onde salée, la lagune bissac,
La dune où s’enfonce la molle holothurie.
Quand tangue le navire, chavire le radeau,
Se brise l’esquif, que ploie la périssoire,
Le marin brave les éléments ; du tirant d’eau
Battant flottaison, ajuste aux accessoires,
Les frêles mailles de filets de dérive ;
Les tropiques semblent s’en éloigner,
Pour des justes réserves, épargner des rives,
Le précieux fretin extorqué par poignées
De mariniers voulant aux lunes froides,
Désaccorder des pêches souveraines, l’accès
Emprunté de sages nautoniers, dont les roides
Saucées entravent la manœuvre ; à excès,
Bafouent sous la grisaille, de fougueux noroîts ;
Au filin de ces métamorphoses, les bateliers
Guerroient prudemment, molestés
De glaciales giclées… ils se laissent lier
De magistrales plommées, sans arc-bouter
Du chalutier, le rostre cogné en son stylet…
Partout où la grisaille embrume les canaux,
La nébuleuse affecte les terres endormies,
Le silence de l’ombre
accentue des chenaux ;
L’ébréchure, en son point d’accalmie,
Déchire la glanure des prairies d’automne ;
On voit aux sentes des Shetland,
Au soir blême, où dansent, monotones,
De lutines formes égarées sur la lande,
Arrondies en éteule, hallier épointé et fourré
De vieillissantes friches de marais ;
La peau du reposoir, bercée de tièdes bises
Ou de goulues ventées, jadis s'y paraient
Aux fluviales tâches que le soleil irise.
A couvert,
sur la feuille, je trace en arabesque,
Des
lettres dont les cunéiformes hanches
Emplissent
de vertu, le verbe dantesque,
Et qu’étrille
ma soif _ dois-je l’avouer_ étanche,
De
narrer autrement de suaves nouvelles !
Suis, de
l’encre à la plume, fol épistolier
Dont l’intrigue rompt sous la vervelle,
Jouissives
métaphores rivées au palier
De la
littérature éveillée des complices
Du savoir chimérique, ces questeurs
En licence
de lettres, défaits de blandices
De conciliabules
renaudés de rhéteurs.
J’ois de
la grommelle, malgré moi… hélas !
De mortifères
plaintes… j’en exècre la lie…
Dois-je, face à l’inélégance, rester de glace,
Bouder d’exégèse sans fard, l’hallali ?
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


