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dimanche 20 septembre 2020

SCIO MORIERIS ET ABIIT HELIAS*

 
SCIO MORIERIS ET ABIIT HELIAS*

Je sais que tu mens

 

Je sais que tu mens, quand tu pleures

Les amours confuses, les sentiments blessés

Dont le cœur récuse, avant de l’oppresser,

L’intactile percée livrée à la douleur,

Et qui, par habitude, quand l’envie est un leurre,

S’apitoie sur les larmes savamment déversées.

 

Je m’en veux de te croire, aux lunes démunies,

Si la nue enveloppe des nuits désaccordées,

La ténébreuse lie de ces ombres fardées

Accrochées à la sphère des orbes désunis.

 

Prisonnier du doute enjôlant mes faiblesses,

J’avance de guingois sur une terre nue ;

Jamais ne poussent, quand rentre l’ingénue,

De nouveaux lendemains, au for de la détresse !

 

Mon humeur s’est tarie ; j’ai des besoins malsains,

Des lubies écornées, de futiles envies ; l’apparence

Dont se vêt ma pâleur, accuse prépotence

Pour duper de mes peines le métrage assassin.

 

Je sais que tu mens, au soir blême où s’allument

Les faisceaux inondés de lueurs mesquines ;

Tu fais, sans y penser, au rouge de fuchsine,

En étalant l’étoupe, naître à l’aube, des brumes

 

Parsemées au vide de mes songes griffés

De prétentions, mes rêves-aquarelles…

Tu me retiens bien loin de tes marelles,

Au filin de la désespérance, souvent giflé

 

De vents contraires, morniflé de suroîts

Qui, de la mer de cendres, aux océans marbrés,

Soulèvent des matins, d'instables degrés

Auxquels butent les manants et les rois.

 

Qui suis-je en ces fictionnelles niches,

Ces gîtes bancals, couvoirs dont s’enorgueillit

La gent satisfaite de fruits trop tôt cueillis,

Pour, à pleine dent, mordre l'infecte friche ?!...

 

Je sais que tu mens, quand nos corps se paissent,

Enchevêtrés aux mâtines… aux primes angélus,

Vespérales où les nones s’affairent ; l’Orémus

Des prêtres, éveille de l'étreinte en laisse,

 

La gestuelle d’amants ivres d’impureté ;

Oh, je m’en dois défaire ! Laisse- moi confesser

De mes tares, l’infidèle récré… des rires froissés,

A ce vain retenir, ne peux plus m’apprêter…

 

Tes mensonges ont clampé à ma juste clarté,

Un ciel de brouillard, un espace flouté

De malédictions, de déprécations redoutées

De l’âme contrite de peccavi… sans douter

Qu’aux éphémères heures, l'esprit dérouté

Se prendrait aux cordages éboutés

Du noduleux système le voulant arc-bouter.

 

Pour sûr, tu t’en iras voiler de l’interdit,

L’offensante cambrure !… Tu fais de l’inédit,

En de souples pirouettes, aux souhaits affadis,

Confortables redites… nul être ne le dédit !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020