VENI
Viens
Nous irons sur les routes fleuries,
Voir pousser les arpèges de cantilènes ;
Cueillerons dès l’aube, de la plaine,
Des musiques cuivrées, de belles féeries.
Viens, te ferai voir les brumes de Paris
Farder la capitale aux pieds d’argile !
L’espace ne pourra suffire aux gilles
De la farandole ; y sombre l’ahuri
Aux dispendieux rêves d’amant
Mis à l’index ; au soir, la morale tance
L’énamouré au piège que condensent
Les rires dilués... hués, fatalement.
Viens courir dans les prés inondés de rosée,
Quand le matin enfile aux saisons,
Des guipures, jusqu’au toit des maisons
Irradiées de rais s’y venant déposer !
Au bout du jardin dont parle le poète,
Cet enclos du printemps bourgeonnant,
Les fruits offrent de leur nanan,
La liqueur dont la lèvre fait fête…
Les étoiles animent de l’azur embruiné
La route parsemée de cailloux
Chus de la stratosphère absorbée du bayou
Serpentant sur la berge au talus buriné.
Viens te griser de fragrances nouvelles !
Les souffrances d’hier, ne sont plus, tu verras,
Qu’empreintes sur la berme… viens ! On ira
Toi et moi, du levant, aux aurores rebelles,
Toucher de la faune, la vigueur,
L'énergie, sous imposante carrure ;
Les daines s’approcheront, et des pâtures,
Bouderont les fruits dont l’aigreur
Acidifie la panse, pour des mains tendues,
Pourlécher le pollen recueilli avec grâce…
Les bernaches surprises de nos traces,
Épieront peut-être nos pas distendus.
Viens, c’est ici que commence l’enfance !
Oublions les brimades des aînés !
Sache sans remords, pardonner,
Sans taire du passé la futile constance !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


