GERMANOPRATIN
PECCATA MAXIMA*
Offenses germanopratines
En de sombres ruelles, l’automne
Vient achever des musardes tranquilles,
Le désenchantement dont l’âme indocile
Dénoue patiemment la fragile dragonne.
Au balcon fleuri d’une garçonnière, elle,
Peu rétive aux galants de passage, souriait
Avec délicatesse… ses yeux publiaient,
En de douces invites, comme d’une aquarelle,
L’insolent pastel qui, du teint écaillé, bridait
De la digigraphie, l’étrange leporello, soufflet
Dont l’éventail sublime l’arche renflée
Dont la butée enserre les nuances ridées.
Femme, au seuil du couvoir où l’amant
Fait prouesse, posait son galbe chaud
D’odalisque vaincue, au pied du cachot
Qu’emprisonne sans mal, et sans serment,
Le céladon dont l’impulsive brette accore
La sultane défaite de repères, l’assaki
D’un harem passablement conquis,
Sérail perlé de suées entrelacées de corps
Alanguis en la chair pincée de geignements
Etirés en longs râles, avant de s’étrangler
Au halo de victoires surfaites, sanglées
De vanités estourbies, huées en bramement.
La germanopratine, d’un long drapé, vêtue,
Domptait de noires impasses, au narthex
Des cloîtres, l’embrasure dépeinte du judex
De la maréchaussée ; ici, on pille, on tue,
Sans autre, sans du plaisir d’assouvir en l’éther,
La coterie bourgeoise engraissée d’avoir…
Adeptes de Mammon, s’aliènent sans savoir
Aux principes de rochassiers qu’enterrent
Le pérégrin, le marcheur essoufflé de la lande,
Trop loin de Saint-Germain, ses ruelles pavées,
Bien loin du Panthéon, quand l’auteur encavé
A la crypte chaulée, n’espère plus prébende.
***
Si mon cœur, du sien, sans contraintes,
Faisait taire les fiévreuses coulées,
Aurions de la bohème, au col qui s’en élève,
Franchi montagne Sainte-Geneviève ;
Paris pousserait de la Seine flétrie, ses canaux ;
Paname, du froid bitume, en un désert de mort
Écarquillerait du Louvre, sans remords,
La vitreuse cire, le chassieux des chenaux
Entrouverts en hiver ; ici, la Rive Gauche
Tacle de la Sorbonne, la chaire offerte
Aux palatins_ conférenciers alertes
Dont la harangue encloue l’infidèle Gavroche.
Offensés, sous ma plume de vitrioleur
Défigurant la capitale sise en reine
Devant le Luxembourg… j’en égrène
Parfois, le verbiage_ ma foi _ trop racoleur !
C’est
au quartier latin, à deux pas de Lutèce,
En l’antre
de Cluny, aux soirs où les artistes
Longeant
les quais, croisent les bouquinistes
Que les
vents anodins, subtilement, dépècent,
Que ma
mémoire s’octroie, avec délicatesse,
La dive
quintessence du nard d’abondanciste.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020



