QUI
SUNT RE…*
Qui sont-ils vraiment…
Il y a des marins qui n’aiment pas la mer,
Ne naviguent jamais sur la vague bleutée ;
Sont-ce là, ceux qui fuient les battées,
S’isolent des tempêtes… aux lianes ulmaires
S’accrochent encor, avant de l’éphémère,
Nouer le mirement des solstices brumaires ?
Il y a des Latins qui rebutent les femmes,
De fringants lovelaces repoussés de l’amante
Aguerrie ô combien_ dont le corps nu aimante
Celui des mutines saphiques… quel drame !
Sapho leur a donné pour attiser leur flamme,
Le souffle des tribades ; Lesbos en dame
La pochade liée au pal de la tourmente.
Il ya des enfants qui refusent de croire
Que le temps est fugace, sans issue possible ;
Ils vomissent des règles, en des humeurs cessibles,
L’ordalique charte, les lois ostentatoires…
Vieillissent meurtris d’incertitudes ; sont la
cible
De zélateurs, prélats cacochymes, inaudibles
Et que griffent les rites condamnés de La Bible ;
Les voilà ! Abrutis, sans âme, foulés de l’auditoire.
Il y a des absents au balcon de nos rêves ;
Que ne l’aurions-nous tu !... ils traînent
En un ailleurs où les songes malmènent
L’ectoplasme au bedonnant rumen,
Celui que la science, privée de sève,
Voit en spectre au-dessus de la grêve
Foulée du dipsomane au sourire amène.
Il y a des filles aux portes de mon lit,
De capricieuses vierges serties de pudeur ;
Viennent cogner, quand s’enfle la fadeur
Opacifiée du flou de la pareidolie
A ma peau pénétrée d’ardeurs…
Dois-je modérer du mal, la réelle lourdeur,
River sans retenue à mon ciel de lit,
Ces rosières formolées de raideur ?
Que nenni ! Je veux de la riche candeur,
Les parer ; puis, les pousser au puits des délits !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020


