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samedi 12 août 2023

IL PLEUT…

IL PLEUT


Il pleut sur les vallons… il pleut ;

Il pleut sur les coteaux… il pleut ;

Les soleils ont perdu, en juin l’indécis,

Les carnassières spires… c’est ainsi !

 

Aux marches des chapelles, se courbent

Les béguines larvaires ; s’y embourbent

Le sacristain de messe, le naïf bedeau :

Rois déchus, densifiés de fardeaux,

 

D'homélies, ou de psalmiques proses ;

Il pleut des requiem, d’irascibles gnoses

Dont l’ataraxie trouble le permanent

Harnaché au licol oint d’agréments…

 

Ésotériques pompes, douteux confiteor

Accèdent en ces versées à l’ascospore :

Visqueuse ascomycète, rétive moniale

Claquemurées au busc d’un cérémonial.

 

Il pleut sur nos dimanches, nos joies,

Sur les ruines de temples grégeois ;

Apocryphes et textes controuvés

Suintent des pages d'un missel couvé

 

D’abbesses en mal d’amour : novices

Drapées de coulpes, de sévices

Sous la bure de Diane, l’infâme ;

Émues de n’avoir pu s’offrir là, en femme.

 

Il pleut par habitude ; las, j’effeuille ravi

Et ma vie, et ma flamme en survie

Pénétrées de besoins, peut-être d’illusions

Confisquées à ma plume ceinte d’allusions.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

vendredi 11 août 2023

RISQUE EN CES PERILS

RISQUE EN CES PERILS

 

Dentelles et cotillons au bal des princesses,

Marquises poudrées, comtesses grimées

D’un vulgaire mascara les semblant sublimer :

Pauvres choses flétries au pal de la vieillesse !

 

Aux ganses de damoiseaux hués en ces lores,

Scintillent tant d’affiquets, de ces verroteries

Enchâssées à la manche de nobles coteries,

L’absurde fait gargouille aux brèches du pylore.

 

Les bourgeois engrossés du fastueux de cours,

Salivent de plaisir, pour soigner du vice,

La bambane débauche ; peu s’en faut, de l’office,

Qu’émane la vertu jouxtée d’autres parcours,

 

Que naissent, en ces frondes, de subtiles percées :

Salubres ajustements de prétentieuses castes !

Jamais ne verront_ aux licencieuses fastes _

Beauté, douceur d’un délicat tercet !

 

Ma plume s’en offusque, quand bien même,

Aux improbables donnes_ la riche catachrèse

Voilerait de l’abstrait, l’insonore diérèse,

Draperait d’allégeance l’accusatif morphème.

 

Croupissant en la vase où jaunissent les rêves,

Le festin des silènes, aux improbables vaques,

Devient_ hélas ! : ferment de pestilent cloaque,

Falun de labres nus éconduits, car, sans sève.

 

Au salon de jeunes gourgandines, soupirent

Des donzelles entretenues d’amants :

Cacochymes rentiers dont l’inusable aimant

Retient la soubrette au caveçon du pire (…)

 

Piégées du miroir de la belle fontaine, fusent

Des harmonies, de sélectives tierces ; parfois,

Généreuses promesses, chuchotis, au beffroi

De ces châteaux d’Espagne : immodestes ruses.

 

J’aime à les voir égrener du doux conciliabule,

L’impudique soufflée de la lèvre menteuse ;

Je me gausse en ces mues par trop licencieuses,

Et qu’effeuille le cœur excorié de barbules.

 

Ne suis-je en ces approches folles, ménestrel,

Trouvère de ces tablées muchées de plébéiens !

Aurais-je du verbe à naître, tel le béotien,

Manifeste recul ?... Me voilà, acculé aux poutrelles

 

D’inquisitives pensées ; moi, l’anonyme scribe

En la graphématique d’intrusives phonies !

N’ai point l’usage du fiel des cérémonies :

Vexant écobuage dont la pensée s’imbibe !

 

Les femmes de mes chutes fuient du dilatoire,

Le rigoureux procès de serves mises à mal :

Ces sottes damoiselles aux fièvres proximales,

Ces naïves sirènes privées de moratoire.

 

Filles, en de lointaines berces, domptaient

Des pulsions le douloureux servage… berçaient

De leur futur, au forclos de l’attente, l’accès

A une vie plus digne, un plus sobre motet.

 

Séduites sur la barlongue de la perversité,

Aux écailles cloquées, se laissent corrompre ;

Chiennes de boulevard, ne peuvent interrompre

De ce discontinu…  L’itérative aquosité.

 

Moi, qui ne suis que polymorphique écorce :

Indigne naviguant aux flots du raisonnable ;

Moi, l’impur encellulé d’actes condamnables,

J’accuse du paraître, en ce devenir, la force

Du pouvoir densifiant des confesses notables,

L’ivresse du repenti… sa trop fragile amorce.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 10 août 2023

PONCTUELLES OU… CONCESSIVES (Mes chroniques)

PONCTUELLES

OU…

CONCESSIVES

(Mes chroniques)

 

Des rives argentées de mon île lointaine,

Aux berges lacustres bordant le littoral,

S’épanouissent, aux soufflées binaurales,

Une faune craintive, une armée souveraine.

 

Dénouant le cordon de la flore bée, l’aube

S’en vient quérir des fragrances, les sucs,

Au matin renaissant, puis, du viaduc,

Le pas lourd de chasseurs, piégés de billebaudes.

 

Au fusain des saisons, éclatent des couleurs,

De généreuses teintes défigées de l’étoupe :

Mirifiques nuances aux rais qui les découpent,

Somptueuses variantes démunies de pâleur.

 

Cachée sous la mangrove, s’apprivoise l’étrange,

S’amadoue le mirage… les mortes eaux pénètrent

Dessous la canopée, la fêlure champêtre ;

S’insèrent aux ajoncs enracinés aux franges.

 

Du ruclon évidant son remugle ; céans,

Les sternes nagent en l’air humide,

Aux migrées perforées, dont le vide

Caresse des remous, les perles d’océan.

 

Complice de ces jeux, au soir ragaillardi,

Ma plume vient éclore, sous le quinquet fragile

Œuvrant en la coulisse d’allégories agiles,

Florilège d’images, de romances hardies.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mercredi 9 août 2023

MON RÊVE N’ETAIT QUE… CENDRES

MON RÊVE N’ETAIT QUE… CENDRES

 

Les ombres décharnées empuantissaient l’azur ;

De l’espace, Haumea la transneptunienne

Ajustait de Kuiper, la boucle méridienne,

D’où perlaient des vapeurs ointes en brasure.

 

Livides, au ciel plombé du jour, les rais

Laissaient choir de moites exhalaisons…

D’étranges spirales encordaient des saisons,

Chapelet de fluides dont les vents se paraient.

 

Le temps s'est s’arrêté aux portes du néant ;

En travestit l’économe parure… flottaient

Sur la bulbille, des suées, qu’éclataient

Les poussières, les pierres s’y agglutinant.

 

La mort traçait, au nord de ses pavages,

Avant que de s’offrir cérémonial d’ocre,

Reflets de cerces bistrées : médiocres

Marbrures, éclats d’un schéol d'encrage.

 

Qu’était-ce, en ce flou de disproportions

Ourlées au bâti de mortifères feintes :

 Vies désaccordées, ambitions éteintes ?

Ou simplement… ultime consomption.

 

En chevauchant des flots le trouble catarrheux,

Les vagues modelaient de l’océan crispé,

L’immense plénitude, en l’onde agrippée

Aux pans de la lame à l’aspect butyreux.

 

La terre pavait d’inaudibles râles, son couvain ;

L’insecte en butinait de son ventre flétri,

Les fatales ridules dont elle s’était pétrie,

Pour Hadès devenir, bosselée d’épervins.

 

Un mirage de trop, un miracle de moins,

Pour confondre du rêve, l’onirique butée ;

Les franges de l’oubli s’en viennent hanter

La mémoire trouée de nos songes témoins ;

 

Ils effleurent du vide, au mois de nos envies,

L’abyssale coulée, le tincal de l’influx…

Nous voilà : prisonniers du rose mafflu

De l’imprécise face… jamais, en cette vie,

 

Ne verrons croître l’enfance fardée de mots

Volés aux grands :sages attifés de préceptes,

Et que l’on sait trompeurs… nul n’ignore le concept

Des lois de l’exinscrit : nimbe flou de marmots.

 

Si je sais, des fratries claniques _ quel bonheur ! _

Me défaire sans mal ; les chimères s’accolent

À ma désillusion qui, du banc de l’école,

Au lupanar des louves, en tacle le déshonneur…

 

Peut-être _ en ce chaos où le cosmos décède_

Pour amoindrir de ce mal en laptot, cet ilote,

Le capricieux servage que densifient, pâlottes,

Mes idées de trouvère, de prétentieux aède.

 

Je sais, de ce deuil pisté de ma vacance, œuvrer,

Sans gêne, ni besoins… avec pour viatique,

L’équivoque constance diaprant la poétique,

L’évasive fertilité dont l’âme veut s’enivrer.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 27 juillet 2023

AUX AILES BLEUES DE L’ETRANGE

AUX AILES BLEUES DE L’ETRANGE

 

Les fiancés du mois d’août offraient au temps,

Quand mûrissent les mirabelles, et qu’à l’étang,

Des murmures, se défroissaient les vents,

L’empreinte de leurs quinze ans qui, ravivant

La belle flamme, en attisait son fier ratant.

 

Naissaient en leurs yeux, de brèves lueurs

Semblables aux étincelles de douleurs

Clivées au désenchantement : ces déceptions

Liées aux souvenirs ivres de prétentions.

 

Sur l’herbe folle, repus de désirs altérés,

Se firent promesse, aux soupirs éthérés,

De s’aimer, sans craindre du jour nouveau

L’exsangue trouée, le minuscule cuveau.

 

Les fiancés de l’aube avaient gardé d’hier,

La fraîcheur du petit matin, sous l’houssière

De ces sylves où vaquent les amoureux :

Amants de l’aurore et céladons heureux.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 9 juillet 2023

LAISSEZ PASSER L’OUBLI

LAISSEZ PASSER L’OUBLI

 

Des souvenirs éteints, enfouis sous la cendre ;

Des songes compulsés d’inconfortables nuits,

N'est plus que cendres entassées au réduit

D'un vieil habitacle d’où j’aimerais descendre :

 

Pompeux cauchemar jouxté de la narcolepsie ;

Bien étrange voyage d’un errant sans monture :

Pauvre itinérant, égaré, sans solde, ni toiture…

L’amour lui a confié les clés de l’antisepsie,

 

Pour le mieux protéger des fléaux à venir,

Pour le mieux prévenir de l’empreinte rougie

D’anonymes dérives… quand la mort les régit,

Que s’amplifient les râles de notre devenir.

 

Aux nocturnes voilées, la sépia jaunie pince

De l’inconfort des rides, la défectuosité ;

L’ivresse, en ce flou graduel, sans ingéniosité,

Décille de l’oubli l’étançon bien trop mince.

 

Nous voilà aux portes d’un passé décati !

Nos quinze ans font la nique au temps…

N’est_ et c’est peu de le dire_ en ce distant,

Nulle offre mutagène, en gavée d’abattis !

 

Notre enfance surnage en la cuvette pleine

Où les rires se cognent aux colères fardées,

Les grimaces d’adultes nous venant harder,

En troupeau assoiffé, altéré, hors des plaines.

 

Anamorphes poussées dilatées en l’aurore

De jours sans harmonie, quand l’efficace

Adorne le spleen de promesses loquaces,

Et que taisent encor, les larmes indolores ;

 

Vous engrossez de fièvres constantes, l’âme

Du racheté : ce nouvel apôtre de la foi ;

Vous ensemencez, aux germes de grands froids,

Nos plaintives jachères, tous nos guérets agames.

 

Les clichés d’autrefois, les portraits de jadis,

Aux troubles de l’espoir, souvent, s’accumulent,

S’amoncellent, à l’aube, en précieux abacules

Posés là, au vitrail d’inaccessibles indices.

 

Empaumé de disgrâces, le cœur, lui, écale

Des aveux, la retorse confesse… désengagé

De stupides rituels, il semble engranger

De nos besoins, chaque visée focale.

 

Lors, tel derviche en pirouette, ce nervi

Désarmé du reître qui l’asservit, notre profil,

Cette ombre dilatée, dénerve du faufil

La friable fronce du vulgum en survie…

 

La solitude entrône de la peur, en sa lie,

De profondes blessures, de béantes crevasses ;

Il suffirait d’un mot_ un seul_ pour que passe

Jeunesse… peu s’en faut, qu’au matin, je l’oublie !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 8 juillet 2023

ET SI L’IDEOLOGUE EVENTRAIT SA SUPERBE

ET SI L’IDEOLOGUE

EVENTRAIT SA SUPERBE

 

D’un présomptueux rêve, s’écoulent le mensonge,

La folie du faux-sage encagé de croyances

Semblables, le croit-il, à l’immodeste science

De rationalistes déchus, que la débâcle ronge.

 

De doctes connaissances, s’évapore, sans mal,

Le savoir de dépréciateurs, ces contempteurs

Figés au tertre de la rhétorique; ces menteurs

Dont le scribe auréole l’avanie extrémale.

 

Du désir de plaire, à l’envie de séduire, s’émousse

La pensée du piètre lovelace… s’imagine déjà,

Aux spires appréciables, muni de navaja,

Effilocher des vierges, l’imprécise frimousse.

 

Du besoin de tromper, aux décans manifestes,

Le sénescent bedole, le cacochyme barbon :

Valétudinaire ascète, sans abords furibonds,

S’amplifient, peu à peu, la goinfrerie dermeste.

 

De la flagornerie imbibée de louanges flétries,

A l’impudence d'un serf de cérémonial,

S’effrangent les plausibles visées ; la moniale,

Avisée, fière, s’en défait, aux Laudes de contrits.

 

Des généreuses lignes de François de Malherbe,

A l’élégance folle du sieur Chateaubriand,

S’ajustent, de concert, en un style fort brillant,

La beauté du langage dessertie de l'acerbe,

La noblesse du ton, son aura: idiome superbe

Acclamé de censeurs… souvent, de clairvoyants.


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023