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vendredi 6 octobre 2023

TERRE POCHEE

TERRE POCHEE

 

Ils ont meurtri ton sein de veuve désolée,

Profané tes jachères de matrone stérile ;

Les hommes ont érigé l’altier mausolée

Du noble pulpitum te rendant fébrile.

 

Tu es_ c’est à n’y rien comprendre, ridée

De part en part, telle catin encloîtrée

De pathogènes affres, dont la lèvre fardée

Déborde des ridules pleinement excentrées.

 

Tes bassins : rivières devenues, ont sanglé

Des flots, d’indiscrètes roulades, damé

De ton sable, les dunes étranglées

De vents encagés de sphères arrimées

 

Au point de l’exosphère ; y culbutent parfois,

Des typhons vrillés à ce méso climat

Aux longes calcaires aspirées du froid

Gélifiant les plaines transies de frimas.

 

Des marcottes, pendouille en hiver,

Le lierre dont la sève confisque, sans mal,

La foliation des pousses, son contrevair

Irradié… aux soufflées hiémales.

 

J'épie des forêts sans arbres, ni ronces,

Tubules de bambou tropical… au cœur

De promesses tronquées ; s'y enfonce

La canopée voilée de sons moqueurs,

 

La faune sans gîte ; souvent, l’homme

Écale des semis appauvris, le breuil…

Y rampent les larves qui, de la gomme,

Aspirent le suintement des feuilles.

 

Tu te laisses séduire d’âmes pécheresses,

Puis, brider de prétentieux cloneurs

Amourachés, au for de la détresse,

De l’étrange science d’empoisonneurs.

 

En l’ondule des prés du métayer,

Tu assèches mes larmes lysergides

Traversées de sanglots enrayés…

Tance donc l’impétrant imbu de subsides !

 

En ma maigre besace, ce mince réticule,

Ai, du poreux souffle grisant l’esthète,

Rogatons chus du fin opercule

Embué de rosée, au matin faisant fête

 

Au ciel où nage le majestueux phénix …

L’azur vient modeler de sa dive prestance,

Précieux fuselage… des légendes de Nyx,

Se su défaire, confiant de sa vaillance…

 

Dieu a donné à cet aigle de feu, pour

La désenchantée, yeux de circaète,

Volontaires plumes… il connaît du tambour,

Le son bref de l’invite, connaît la baguette

 

Qu’effleure la peau de caisse… terre lasse,

Te dois-je bercer de rêveries nocturnes ?

J’eusse aimé, nuits bleues, faire place

Aux furtifs geignements diurnes 

 

De quérimonies, étoiler le psaume de cris

Éventrant silence du circonstancié,

S'il prend forme… placé en mes écrits,

Le tangage du cercle, ici-bas, émacié

 

De la plèbe parfois, fomentée de mépris

Attisés de cerbères que l’agnostique prie.

*

Terre de souvenirs, Cosmos de ma liesse,

Tu verras de Dieu, Ton Créateur béni,

Pousser en L’Eden, L’Arbre de tendresse ;

Les croyants marcheront tous unis

Aux Sources de L’Amour Rédempteur ;

Jamais ne fouleront ton sol, ces contempteurs

Dont Satan piège l’existence… seront bannis,

Ces gras suppôts écorchés de déni ! …

***

Terre de mes ancêtres, je t’offre mes mots d’auteur.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023