Il fait encor soleil sur la peau de mon rêve ;
Les rais blonds qui l’enserrent dépistent
De mon spleen, et afin qu’elle subsiste,
L’inénarrable joie, en coulure de sève.
J’imagine des îles peuplées d’hamadryades
Se mourant chaque jour au pied du tilleul ;
Des atolls essaimés de nos vaillants aïeuls,
Et qu’enrouent les ventées de fragiles rades.
Il fait jour, au tertre de l’humide éveil ;
J’en contemple, sans m’en plus évincer,
Les perles conglobées de spires nuancées
Dont la rosée fait fête aux primes veilles.
Je suppose un courtil égrené des solstices,
Une terre réglisse, au sortir de l’enfance ;
S’y viennent poser, délestés de muance,
Les chérubins de l’aube… en sa déplisse.
Mes fleurs, de fragrances perlées, captivent
Le tendron de romances figées… j’écoute,
Des grelots de son cœur, fondre l’égoutte
De ses rires feutrés… s’y lentement activent,
De délicates offres, aux murmures conquis,
De conciliabules enrobés de promesses :
Chuchotis d’odalisques feintées d’allégresse,
Au tapis d’un harem d’altiers Abénaquis.
J’espère un long rivage foulé d’énamourés :
Plage sertie de fins cristaux… l’océan
Viendrait mordre l’empreinte du géant,
Effanée sur le sable de glaireuses marées.
Ma bélandre ajusterait des flots, la rainure ;
La lame viendrait moudre les friables crachins,
Egruger des bruines lavant le fraîchin,
Le diaphane flux d’atomes halogénures.
Je perçois, des songes, la réelle butée
Insérée aux bermes d’outre-lieu ; peut-être,
Aux oniriques talles du perfide paraître,
Avant que d’hiberner aux ides permutées.
La richesse de folles errances_ hélas !
Fige de l’intestat, la frêle maladresse…
Que n’aurais-je, en ces molles détresses,
Etuvé la réserve dont je me matelasse !
J’ai peur d’avoir mûri, aguerri, insolvable,
Au soleil de lointaines contrées… dois-je, là,
Lier de l’adolescence, d’autres aléas :
éclats
De mandorles, pour le moins discutables ?
Si mes nuits font bombance en d’appréciables
Noces de fantaisistes clercs, pourquoi_
Direz-vous_ jouer les porte-croix,
De scéniques barbares ? de ces justifiables,
N’aurai_ je vous l’assure ! _ moindre
excuse ;
Ne suis de ceux qui_ de la concomitance _
Dénerve chaque fait (…) en l’instance,
Je fais montre, sans la moindre récuse,
De parcimonie… j’entoile de tons brefs,
Au for du réceptif, l’exacte propension…
Le méchef, en ces joutes de prétention,
Ne point atteint solve de mes griefs !
Réveille-toi, mon ombre… il fait matin !
Les rixes du pompeux cauchemar cognent
Sur ma superbe… l’étrange, de sa rogne,
Vient déplisser ma mue… s’il atteint,
Du faîte, l’exutoire, d’aucuns diront :
Mando a pris le large, en marin désœuvré,
Tel pusillanime engavé de l’ivraie
De champs ; y blêmissent les fanfarons :
Pédants enkystés de licencieuses vaques…
Lors, verrai s’altérer de ma peau mutagène,
L’illusoire, le conventionnel… en ces gênes,
Aurai du fallacieux, soutien sans abaque.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
