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dimanche 8 octobre 2023

FIELLEUSE ARROGANCE

FIELLEUSE ARROGANCE

 

L’arrogance est une arme aux mains

Du cœur-bourreau ; c’est un coupant silex

Epointant de sa lame l’ingénieux apex ;

Sans elle, ne subsistent d’autres lendemains.

 

L’arrogance est un gouffre béant ; aspire

De la retenue, la réserve permise…

On la voit s'aliéner la transmue soumise

Aux dictats de l’âme en sa conspire.

 

Fiévreux magma dont l’audace engerbe

De sa lave, la travée du niaiseux,

Est aussi un cratère, un noir emposieu

D’où filtrent, peu à peu, les adages acerbes.

 

L’arrogance feinte des gémonies, l’intrônée

Que la plèbe salue avec grâce, constance…

Se fait altière, empaumée d’exigences

Qui de la flatterie, cajole l’irraisonnée.

 

En frappant à ma porte, ces mielleuses invites

Voulurent de ma soif, apaiser l’inconfort ;

Ne me point suis laisser, au rythme de l’effort,

Séduire… la sagesse en mon deuil, ne lévite ;

 

Elle a les pieds sur terre, sa systole refoule

Du prestige, l’étrange propension…

Au soir, où se délient les disproportions

De mon double taclé, j’ois seul, des foules,

 

Le tumulte glaçant… mes rêves, en l’ailleurs,

Ne font jamais musarde… se peut-il,

Sans que je m’en offense, qu’en ces villes,

S’ébruitent les ires de piètres railleurs !

 

Elle intime au suppôt de l’engeance,

Vision du cerbère déporté des enfers,

Pour contraindre, et sans jamais s’en faire,

L’insolvable barbot démuni d’existence.

 

Ai piétiné la voie où traîne l’arrogance,

Les tortueuses bermes de sa belle cité ;

Ai vu poindre, d’offrandes plébiscitées,

De poudreux rogatons sous la ganse ;

 

Sa faconde est en toc, se fane sa harangue ;

S’y penche le docte lui confisquant la donne,

Mouche les privautés au flou de la maldonne ;

En étrécie du jour les spirales exsangues.

 

L’arrogance est un vieux pont bancal ;

Ne le peut traverser le sigisbée conquis

De belles damoiselles ; aux joutes de marquis,

Sait, sans mal, se défaire du puant tincal.

 

Je pose au mur d’impudiques défaites, ivre

Du nectar de fragiles conquêtes, mon laurier

De kaiser en disgrâce… à ma place, l’auriez-

Vous accepter sans en jamais rougir ? Je livre,

 

Aux princières constances, ma plume captive

De mots entrecroisés d’habiles esperluettes,

Par peur, au voile de l’humide luette,

D’y retrouver le glas de ce babil, qu’avivent

 

Les souvenirs dont Mando fait déni…

En l’enclose de sa jeunesse bée, s’éternisent

Des joies entremêlées de pleurs, qu’intronise

L’absence des matins de l’enfance bénie.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023