J'efface de moites lèvres, les baisers de l’amant
Qui a su te garder pour enclore à tes rires,
La passion du vainqueur qui verra son empire
Sous la cendre d’un vieux monument :
Déclin soudain d’un monde possédé...
T'avait fait sienne, pour assouvir sa faim,
Calmer de ses brûlures en de vagues confins,
La tissulaire charge s’en venant là... céder.
J'éponge de tes larmes les lacrymales chutes,
Me grisant des fièvres méconnues du spleen ;
Que ne suis-je laptot en ces mues assassines,
Ces avers cabossés au souffle de tes luttes !
Je vois s’éparpiller, au vent de nos folies,
Quelques soupirs malsains : impudiques jets
De frasques débordées d’inutiles projets...
Ma faconde fait deuil en ce flou hallali.
Je viens traquer ta peau, avant que me taire,
Brisé sous les remords de ma vie déconfite ;
Se peut-il que l’absence en ce jeu de lévite,
Empaume la constance d’ires délétères !
S'il fait froid en tes nuits sans sommeil,
Si l’insomnie empale tes narcoses, n’aie crainte !
Je viendrai, estourbi, gaulé de contraintes,
Éteindre de tes peurs, en ces nuits de veille,
L'entêtante flammèche désoclée de tes rêves ;
Irai battre des lunes, les miasmatiques crues,
Les ferai, sur la masse liquide, en l’accru,
Avorter des décans dénantis de leur sève.
Ne point garderai rancune, je l’avoue,
Quant à ce conceptif migré de tes regrets !
Irai, de rades, en rives, de l’ubac, à l’adret,
Dresser passage, en d’autres rendez-vous :
Des galantes invites, me refuserai... ailleurs,
S'épanouissent les conciliabules... parfument
De l’ouïe réceptive, les chuchotis qu’assume
Le céladon vexé du rire des railleurs.
Mie, très chère, je te veux alanguie,
Permissive_ ô combien aux offrandes miennes !
Complaisante, sans doute, douce bohémienne ;
Suis de ceux qui, au flot des résurgences,
Aspire la coulée... sans tacle, ni manigance,
T'offrirai les mots des contrées permiennes...
Sans l’espace nôtre, j’erre en nomade targui
Sur les terres cuivrées d’un désert de boue...
Quand se feront matines, en la vespérale,
L'office ne sera plus que débilitants râles
Aux Laudes où les serves savent tenir debout.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
