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mercredi 9 août 2023

MON RÊVE N’ETAIT QUE… CENDRES

MON RÊVE N’ETAIT QUE… CENDRES

 

Les ombres décharnées empuantissaient l’azur ;

De l’espace, Haumea la transneptunienne

Ajustait de Kuiper, la boucle méridienne,

D’où perlaient des vapeurs ointes en brasure.

 

Livides, au ciel plombé du jour, les rais

Laissaient choir de moites exhalaisons…

D’étranges spirales encordaient des saisons,

Chapelet de fluides dont les vents se paraient.

 

Le temps s'est s’arrêté aux portes du néant ;

En travestit l’économe parure… flottaient

Sur la bulbille, des suées, qu’éclataient

Les poussières, les pierres s’y agglutinant.

 

La mort traçait, au nord de ses pavages,

Avant que de s’offrir cérémonial d’ocre,

Reflets de cerces bistrées : médiocres

Marbrures, éclats d’un schéol d'encrage.

 

Qu’était-ce, en ce flou de disproportions

Ourlées au bâti de mortifères feintes :

 Vies désaccordées, ambitions éteintes ?

Ou simplement… ultime consomption.

 

En chevauchant des flots le trouble catarrheux,

Les vagues modelaient de l’océan crispé,

L’immense plénitude, en l’onde agrippée

Aux pans de la lame à l’aspect butyreux.

 

La terre pavait d’inaudibles râles, son couvain ;

L’insecte en butinait de son ventre flétri,

Les fatales ridules dont elle s’était pétrie,

Pour Hadès devenir, bosselée d’épervins.

 

Un mirage de trop, un miracle de moins,

Pour confondre du rêve, l’onirique butée ;

Les franges de l’oubli s’en viennent hanter

La mémoire trouée de nos songes témoins ;

 

Ils effleurent du vide, au mois de nos envies,

L’abyssale coulée, le tincal de l’influx…

Nous voilà : prisonniers du rose mafflu

De l’imprécise face… jamais, en cette vie,

 

Ne verrons croître l’enfance fardée de mots

Volés aux grands :sages attifés de préceptes,

Et que l’on sait trompeurs… nul n’ignore le concept

Des lois de l’exinscrit : nimbe flou de marmots.

 

Si je sais, des fratries claniques _ quel bonheur ! _

Me défaire sans mal ; les chimères s’accolent

À ma désillusion qui, du banc de l’école,

Au lupanar des louves, en tacle le déshonneur…

 

Peut-être _ en ce chaos où le cosmos décède_

Pour amoindrir de ce mal en laptot, cet ilote,

Le capricieux servage que densifient, pâlottes,

Mes idées de trouvère, de prétentieux aède.

 

Je sais, de ce deuil pisté de ma vacance, œuvrer,

Sans gêne, ni besoins… avec pour viatique,

L’équivoque constance diaprant la poétique,

L’évasive fertilité dont l’âme veut s’enivrer.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023