Les traces que j’ai laissées, avant de m’en aller,
Ont pavé du silence, l’insoutenable gêne
De l’âme cloquée, aux chartes cartésiennes...
Rien, qui me puisse, désormais, emballer !
J’ai fait le tour des choses qu’on disait
insensées,
Encerné des matins, l’ouateuse auréole,
Décadré des nuits, en mes plus sombres rôles,
La froide nébuleuse… parfois, sans y penser.
Au tertre de vos envies, me suis embrigadé,
Immolant du confort, la fringante stature ;
Vos joies ont profané mes larmes immatures ;
Vos rires ont dépecé mes espoirs dégradés.
Quand l’amour se vêtait de ses plus nobles rais,
Mon soleil accusait d’autres incertitudes…
L’ivresse des jours pleins taclait ma solitude ;
Et du deuil d’apparoir, mon angoisse paraît.
Où se meurent au soir, les glaireux babils,
Les moites lallations de poupons en trottines ?
Aura-t-on délacé des premières bottines,
Le noduleux cordon… puis, d’un doigté habile,
Ecorné de l’œillet, la sphérique trouée ?
Les hommes ont-ils grimé de la sente d’hier,
La sinueuse vire… pour honorer, fiers,
Les dignes pérégrins ; doivent-ils être
loués ?
N’ai point attendu l’aube, pour, aux fontaines,
Boire l’influx de ces sources cachées, posées
Au douzil de pépies s’y voulant reposer,
Avant, en vos déserts, dessangler ma futaine.
En piètre factotum d’un sinistre manoir, seul,
Ai courbé le dos face à la gent moqueuse ;
Ridé de vaines fronces, les déverses aqueuses
Ont souillé ma tunique, ce déplaisant linceul.
Le temps m’étant_ en ces déconvenues _ utile,
Ai pris des raccourcis, les bermes moins pentues ;
Ma jeunesse gravait, de ses besoins obtus,
Syllabiques présages, en offres moins futiles
Que les prétentions de censeurs aguerris…
L’emphase en emplit le généreux bedon :
Ce rumen saturé d’orgiaques baccades, dont
L’hédoniste flatte l’imposant gabarit.
Ai fredonné romances aux sages caméristes :
Gracieuses suivantes d’imaginaires castels ;
A leur cou porphyré, ajouré de dentelles,
Ramoitissait ma lèvre d’aquafortiste
Retouchant de l’œuvre, en de suaves teintes,
L’immuable contour : indissoluble ondule…
Mes mots froissaient du nard de la filipendule,
La troublante fragrance, l’abstruse atteinte.
Je voulais être moi… afin qu’il m’en souvienne,
Aux laborieuses brettes de l’existentialisme,
De l’aura du gagneur, en fi de despotisme,
De l’ivresse du mâle aux chues diluviennes_
Authentique héros arborant livrée, au cœur
Du bacchalaureus, le tressoir du rameau :
Imposante couronne ajustée en chrémeau,
Au port du simple lad, mué là, en vainqueur.
Pincé de tant d’adages, de cérébrales joutes,
Je me croyais… fini _ échu d’une autre tierce,
Mais…
Mon destin fut, sans la moindre transperce :
Inébranlable socle au creuset de vos doutes.
Armand Mando
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