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mardi 29 août 2023

SAVONAROLE 1452 /1498

SAVONAROLE

1452 /1498

 

Girolamo Hieronimus Savonarola mieux connu

Sous l’éponyme de Jérôme Savonarole, naquit

Le 21 septembre 1452 sur le fief conquis

De Ferrare, en Italie du nord… plus tard, l’ingénu,

 

En frère dominicain, dénonça le désordre

Du catholicisme, sa dépravation ; ne put _ hélas ! _

En combattre les dogmes qui le matelassent,

Les prêches surannés… à nous en faire mordre.

 

Sa franchise n’eut d’égal, et sans fuites,

Que cette véhémence dont il usa souvent ;

Sa colère _ ses actions le prouvant_

Rassurait ses disciples ; sa conduite

 

Confisquait, en ces surnuméraires,

Le vice du clergé aux longs crocs de mutant

Qui déchire la chair… en argumentant,

En d’infâmes préceptes démunis d’arbitraire.


7 février 1497, ‘’son bûcher des vanités’’ dévoile

La folie de cette prélature infectée, sanieuse…

Le mensonge du clerc, sa fougue vaniteuse,

Accolent les naïfs en quête de bonne étoile.

 

Courageux, pugnace, brisa l’aura des Médicis,

Dressant au fief de la théocratie, Florence :

Berceau de l’histoire… du moins, en apparence ;

Aristote, puis, Platon devinrent, en ces auspices,

 

Les pensées à suivre… la faiblesse manœuvre

Désormais en l’étroite coulisse, où vaque

L’antagoniste enferré à la voie du cornac

Conspué de la plèbe, cette grasse pieuvre.

 

De Ruina Mundi, poème de sa sage jeunesse,

Emane de profondes assertions ; anticlérical,

Comme après lui, Voltaire ; son verbe écale

Des désillusions, récusable détresse.

 

Le ton est donné :

 

Sera franciscain, non pour dire, mais…

Pour démontrer des Saintes-Ecritures,

Avec foi, et adresse, La Vraie Littérature…

La Chose accomplie, se fera désormais :

 

Vitupérateur, à l’endroit de ces religieux

Dont la soutane confisque, en drapé de kaiser,

L’Unique Vérité : Celle que Le Dieu sincère

Révèle à Ses Fidèles, en des mots élogieux.

 

L’ascèse et la prédication démunirent sa foi ;

Il ne sut concilier : actions et gnosticisme

Gangrenés de rituels proches du syncrétisme ;

En croyant soupçonneux, il franchit le beffroi

 

Des prévaricateurs… sa folle mécanique

N’eût, de la dynamique, approche, aucune…

Purgé de sa vertu, mais, enflé de rancunes,

Dériva loin des terres enfiellées de panique.

 

Reconnaissons, tout de même :

 

Le cran qu’il dût avoir pour crisper, et sans mal,

Les marchands d’indulgence : le pape Alexandre

Et ses démons, attirés par les billes de cendre,

Ces incubes sans nimbe, ersatz du proximal.

 

Coulpes et cilices le poussent en ses tranchés ;

Pour s’éloigner des mortifères flagellations

Des moines, il se plie aux jeûnes ; la tentation

L’encloue, en ses réserves… pour prêcher,

 

S’inflige d’inutiles tortures, de scarifications…

Le voilà se combattant lui-même…

Acculé, et sans souffle moral, l’anathème

Siffle au-dessus de sa tête… de La Crucifixion,

 

Ne lui reste que : pensées abstraites, image

Rehaussée d’un supin ecclésial… s’engouffre

Aux méandres de ce qu’il combat ; il souffre

De se voir aluné, sans subsides, sans gages.

 

Quand il présente le pape Alexandre VI,

Comme l’antéchrist, la justesse du ton

Est fort appréciable… mais cède, le fronton

De chaque vérité… quand il s’y hisse,

 

S’écroulent les colonnes de sa ténacité…

Satan est un rusé, Savonarole le sait…

Le mal en son faufil, est un fade succès :

Un artefact de plus, un vieil exploit mité.

 

Pour combattre le Diable, il faut du Seigneur,

L’Epée à deux tranchants… le reste est accessoire ;

Aucun homme ne peut, aux berces illusoires,

Amputer du péché la constance… ce leurre !

 

La foi en son Sauveur n’accuse, loin s’en faut,

Quelque sage soit-on_ l’effet produit

Sur l’acte accompli _ fut-ce un sauf conduit

Par le miracle… quoiqu’il vienne d’en-Haut ;

 

Un Chrétien (un vrai) n’est que le réceptacle

Des Bénédictions du Rédempteur Vivant ;

Ce que nous faisons, a l’empreinte des vents

Emportés de la nue… son unique habitacle.

 

Savonarole a cosmétiqué son ardeur…

La sagesse des hommes, est folie pour Dieu ;

L’émotion est un flux éthéré… même pieux,

L’humain reste poussière, fragile quémandeur

 

Dont Le Ciel fait Grâce… pour ne se point lier,

L’Amour du Tout-Puissant accorde satisfécits…

Désœuvré, piégé, que voulez-vous qu’il fit,

Lui, ce vaillant Héraut : herméneute geôlier !?

 

 Mai 1497, le 23_ se fait excommunier du pape…

Florence est à feu, et à sang ; les tavernes

Laissent couler le vin, les bordels ternes

Entrouvrent leurs cagnas… le vice encape

 

A nouveau le peuple, jadis écrasé d’entregents ;

Il fait _ aux sombres chutes vaticanes _

Chaud et froid… c’est selon ! sous l’arcane

Des cristallomanciens, au soir, les gens

 

Affluent de partout… le Diable joue encor

Sur les deux tableaux : séculier et paganisme…

Le monde dressé sur ruines, boit l’athéisme,

En fébriles lampées… bagués à ce décor,

 

Les minables suppôts, avachis, lymphatiques,

Enguirlandent du songe, l’impalpable coulée…

Ivres de ce faux cépage, sen viennent blackbouler

Au naos d’un cloître… jadis, trop hermétique.

 

1498, l’inquisition l’accuse de fausse prophétie,

Savonarole tient bon ; sa foi n’est pas un leurre

Agité à la barbe des porteurs du malheur :

Ignobles cardinaux férus d’acrobatie…

 

En pisse-froid, le pape, ce plénipotentiaire,

Diligente ce tribunal ; y siège Bélial, son maître,

Ce jongleur anonyme… oui, ce traître

Dont Judas accepta, en vil réceptionnaire,

 

Les sequins du malheur… ave retro satanas !!!

Savonarole, sans contrainte, accepte

De plonger sans ciller, au fond de cette nasse ;

Épandu, se réjoui de garder ses Préceptes.

 

Après cinquante jours de prison ; torturé, battu ;

Au son de l’Infelix ego _ corps blessé, bras brisés,

Il savoure la mort ; gardant sa tunique, grisé

Du nectar du Salut, il ‘’ leur’’ crie, abattu : _

  « Je ne vous le donnerai pas, mais vous pouvez le prendre. »

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023