Je cours après un rêve à nul autre pareil,
Un sourire pris aux reines de la Villa Sparta ;
En une étroite loge engainée d’omerta,
Défilent d’autres louves épuisées de sommeil.
Au bord de sa cascade, me suis laissé bercer
De chimères tranquilles, de douces mélopées,
Et qui, de la barlongue, viennent envelopper
De mes envies d’ailleurs, l’inutile percée.
Son regard dénature mes probables défaites,
Désocle de ma targe, avant de disparaître,
Le précieux rivet… elle me voudrait reître
Sur la peau du désir, en un matin de fête.
Animés d’insolences, de cynisme, peut-être,
Les amants s’abandonnent au fil de sa vertu ;
S’imaginent parfois, la serve dévêtue,
Implorant le fier sigisbée afin de l’y soumettre.
Je les regarde pister au son d’un rigaudon,
Et de la tarentelle, décélérer le rythme, émus,
Comme à confesse, le sacristain promu
Aux glorioles : brandebourg guipé de fins
cordons.
Elle fuit mon espace, aux heures égrenées
De ses fragiles pauses… ses attentes diluent
Mes appréhensions ; mais l’a-t-elle voulu (?)
Suis-je au faîte des songes, que l’on dit mort-nés ?
J’en voudrais redescendre, accéder au palier
Des gracieuses amours, de l’amativité ;
Accéder, comme Chateaubriant, en invité
De romances princières… pour elle, me lier…
De Germaine de Staël, quêterais conseils,
Ou de la Sévigné, quelque ruse d’insert ;
De l’épistole bleue, confierais_ sincère :
Madame Récamier, aux furtives veilles,
N’a pas eu de pareilles… se peut-il, ma mie,
En ces subtiles feintes, que la peur contriste,
Et pour s’en faire legs, aux ires fantaisistes,
Votre besoin d’aimer ?... De cette anémie
Ebranchée, la chétive ramée, vit-elle encor,
Aux vents désaccordés de l’insoluble peine ?
Ne laissez_ ô tendron de mes soifs, la gêne
Emprisonner les plaintes de ce corps !
Je crois qu’il se veut libre, pour se mieux
offrir,
Aux onciaires poudrées… floconnent en ces ides,
Les délicates perles de l’étreinte sans rides,
L’exquise rosée, en la matutinale… sans souffrir,
Mime du parangon blessé d’indifférences :
Confiscatoire charge d’un vulgaire modèle
Au chevalet d’un peintre sous l’asphodèle,
Immolé au col de désuètes inférences.
Il me tarde, avant le petit jour, de desceller
L’écrin de ces émaux dont, seule, gardiez,
Déçue, avant l’oubli de tout… sine die,
Le circonstanciel… et sans vous rebeller !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
