Si j’étais poète, au printemps des amours,
Trouvère, sur les routes menant à outre-lieu,
J’offrirais à ma muse, au chant du courlieu,
L’assise de ces rêves siéent aux troubadours.
Dînerais_ peut-être_ au clair de riches lunes,
A la table de ces souveraines, quand l’étoile
Pose, aux sombres nuitées_ sur la voile,
L’écho de ses éclats… en-deçà des lagunes.
Si j’étais poète, aux ides renaissantes, fier,
Dresserais, aux aurores, en l’endosse du jour,
De captieuses fragrances… parfumerais l’ajour
Des belles courtisanes, des biches altières.
Ecrirais sur la peau d’un vieux palimpseste,
De sinistres mémoires, de vaines doléances,
Pour déclouer de l’âme ‘’breloquée’’ d’allégeances,
L’entregent du servile prisonnier du geste.
Ma prose, enclose de badines, ouvrirait
Des roses, la gracieuse bractée… perchées,
Les frêles étamines, sagement épanchées,
Fluidifieraient des stigmates, les rais.
Si j’étais herméneute d’un empire de cendres,
De tous les podestats parjures, déloyaux,
Ecalerais, sans mal, des mots vrais, le noyau
Bridé du conclusif réprouvé des polyandres.
En la tonitruance m’étant coutumière,
Le servant avachi au pupitre, l’infatué,
Ce prélat piégé du nonce destitué,
Ne seraient plus que… grises poussières.
Si j’étais, des abyssines tacles, rivarolien,
Pousserais, aux mâtines, des monotones laudes,
L’angoissante homélie de chantres en maraude,
D’autres capucinades : oraisons sans liens.
Si je deviens poète, au creuset de l’histoire,
Vous saluerai d’en-Haut, avec grâces, constance ;
N’aurai de la
houspille dépréciée des instances,
Aspirations aucunes… tairai des congruences,
L’adaptabilité ; mieux encor, le nimbe d’offertoire.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
