Italie : parure de la Commedia dell’arte,
souffle
Au XVIème siècle, tel, vent de liberté,
Entre les interstices d’un théâtre avorté,
Pour donner vie nouvelle aux maroufles
De la noble gestuelle… il fait bon s’accoter
Au rostre de cette liberté… la comédie,
Peu à peu, encarte des riches prosodies,
Tonalité superbe… et sans les décoter.
Masque noir, costume losangé, s’étirent
Les tons du mime aux multiples facettes ;
Sa pauvreté éveille conscience… sans cassette,
Ne s’offre que le nécessaire… sans le pire.
L’ancien français parle d’escorte d’Hellequin :
Mesniee Hellequin, dès le XIème
siècle, puis,
Du génie malfaisant hiberné_ démenti depuis,
Sous la peau d’un bouffon sans sequins.
Moi, je le vois servile, en de plus justes prises ;
Ne peut-on, de l’envie, aux frasques du besoin,
Accéder, sans plisser du confort de l’ivresse,
Notoires palinodies ? est-ce mal, de l’allégresse,
Puiser en lapidaire, et, sans serrer les poings,
Sans déflorer du temps, l'entremise,
Efficace breuvage, confortables lampées (!)
Que nenni ! _ direz-vous… alors, pourquoi,
De la réserve pleine, de l’aube en décroît,
Dénerver l’effilure d’imposants drapés ?
Avant la Renaissance, Arlequin (Alichino,
Mentionné par Dante), dès le XIIIème siècle,
Alimentait, des salons, subtiles épécles :
De ces tacles, naquirent frondes de ladino.
Orderic Vital : moine anglo-saxon, désigne
Le cortège sauvage des mythologies, comme
L’approche du génie chu de l’homme,
(Comme si la chasse, dévoilait de l’insigne,
La poursuite du mal, autant que celle
De l’âme qui s’en veut démunir…) Sic.
La Germanie en donne la mesure ; le hic ?
Personne ne porte foi à ces moites libelles !
Ce turbulent contrefacteur, désenclave,
En de folles pirouettes, allégorie princière ;
Pour lui, l’allégorie sert de
souricière
A la bedole en fripe, ce trop larvaire esclave.
Maurice Delbouille, ce linguiste suggère,
Le nom de : Herla, (traduit du latin Herla
Rex)
Pour, du mythologue, sublimer de vains textes,
Où le roi, en sa métamorphose, exagère,
Du propos, à la pantomime, l’esquive…
Se peut-il qu’il dise vrai !?... Pas si sûr !
…
Arlequin, porte deuil, en cette pressure,
De la gent le voulant céans : nature vive.
De Wotan l’imbu, aux contes de Sorquainville,
La légende tresse lauriers aux cacographes :
Fiers précepteurs férus d’orthographe,
Fascine encor la plèbe d’Harcanville.
Du soufisme, aux fables atellanes, Arlequin,
S’auréole d’impudiques tercets… dommage !
Si la prosopopée donne langage au loup,
La comédie, elle, décrante du jaloux,
Autant que de la reine entichée du coquin,
Improbable ruisselle, goudronneux damage.
J’ai rêvé d’Arlequin en habit de parade
Sur un gris boulevard, entre Rome et Paris ;
Les gens le saluaient… j’en aurais fait pari_
Eberlué, refusa, pour elle, de gravir l’estrade.
Je voyais du manège, l’étrange tourbillon…
En mon costume clair, j’écoutais claironner
L’immodeste cacarde de censeurs étonnés
De l’active influence de ce fou sans Bâillon.
Je savais, des nuits bleues, en l’exsangue,
Me désaccoutumer de l’onirique chappe
Plombant de mes humeurs, l’encape
De ces vaques transmuées de harangue.
Peut-être qu’Arlequin, cet inutile pitre,
Avant de disparaître de l’imaginaire,
Peuplera la faconde de latitudinaires
Perchés, en arrogant, sur bancal pupitre.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
