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vendredi 22 septembre 2023

ARLECCHINO

ARLECCHINO

 

Italie : parure de la Commedia dell’arte, souffle

Au XVIème siècle, tel, vent de liberté,

Entre les interstices d’un théâtre avorté,

Pour donner vie nouvelle aux maroufles

 

De la noble gestuelle… il fait bon s’accoter

Au rostre de cette liberté… la comédie,

Peu à peu, encarte des riches prosodies,

Tonalité superbe… et sans les décoter.  

 

Masque noir, costume losangé, s’étirent

Les tons du mime aux multiples facettes ;

Sa pauvreté éveille conscience… sans cassette,

Ne s’offre que le nécessaire… sans le pire.

 

L’ancien français parle d’escorte d’Hellequin :

Mesniee Hellequin, dès le XIème siècle, puis,

Du génie malfaisant hiberné_ démenti depuis,

Sous la peau d’un bouffon sans sequins.

 

Moi, je le vois servile, en de plus justes prises ;

Ne peut-on, de l’envie, aux frasques du besoin,

Accéder, sans plisser du confort de l’ivresse,

Notoires palinodies ? est-ce mal, de l’allégresse,

Puiser en lapidaire, et, sans serrer les poings,

Sans déflorer du temps, l'entremise,

 

Efficace breuvage, confortables lampées (!)

Que nenni ! _ direz-vous… alors, pourquoi,

De la réserve pleine, de l’aube en décroît,

Dénerver l’effilure d’imposants drapés ?

 

Avant la Renaissance, Arlequin (Alichino,

Mentionné par Dante), dès le XIIIème siècle,

Alimentait, des salons, subtiles épécles :

De ces tacles, naquirent frondes de ladino.

 

Orderic Vital : moine anglo-saxon, désigne

Le cortège sauvage des mythologies, comme

L’approche du génie chu de l’homme,

(Comme si la chasse, dévoilait de l’insigne,

 

La poursuite du mal, autant que celle

De l’âme qui s’en veut démunir…) Sic.

La Germanie en donne la mesure ; le hic ?

Personne ne porte foi à ces moites libelles !

 

Ce turbulent contrefacteur, désenclave,

En de folles pirouettes, allégorie princière ;

Pour lui, l’allégorie sert de souricière

A la bedole en fripe, ce trop larvaire esclave.

 

Maurice Delbouille, ce linguiste suggère,

Le nom de : Herla, (traduit du latin Herla Rex)

Pour, du mythologue, sublimer de vains textes,

Où le roi, en sa métamorphose, exagère,

 

Du propos, à la pantomime, l’esquive…

Se peut-il qu’il dise vrai !?... Pas si sûr ! …  

Arlequin, porte deuil, en cette pressure,

De la gent le voulant céans : nature vive.

 

De Wotan l’imbu, aux contes de Sorquainville,

La légende tresse lauriers aux cacographes :

Fiers précepteurs férus d’orthographe,

Fascine encor la plèbe d’Harcanville.  

 

Du soufisme, aux fables atellanes, Arlequin,

S’auréole d’impudiques tercets… dommage !

Si la prosopopée donne langage au loup,

La comédie, elle, décrante du jaloux,

Autant que de la reine entichée du coquin,

Improbable ruisselle, goudronneux damage.

 

J’ai rêvé d’Arlequin en habit de parade

Sur un gris boulevard, entre Rome et Paris ;

Les gens le saluaient… j’en aurais fait pari_

Eberlué, refusa, pour elle, de gravir l’estrade.

 

Je voyais du manège, l’étrange tourbillon…

En mon costume clair, j’écoutais claironner

L’immodeste cacarde de censeurs étonnés

De l’active influence de ce fou sans Bâillon.

 

Je savais, des nuits bleues, en l’exsangue,

Me désaccoutumer de l’onirique chappe

Plombant de mes humeurs, l’encape

De ces vaques transmuées de harangue.

 

Peut-être qu’Arlequin, cet inutile pitre,

Avant de disparaître de l’imaginaire,

Peuplera la faconde de latitudinaires

Perchés, en arrogant, sur bancal pupitre.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023