Sur d'étranges trapèzes, me suis balancé ;
Oubliant des heures : minutes et secondes
Peu à peu traversées de spires rubicondes
Déliant du coucher, les cerces nuancés.
Du fragile agrès, le monde semblait
Plus petit, plus pâle aux solstices présents ;
Les hommes marchaient voûtés, absents,
En la nébuleuse les faisant trembler.
L'enfant allant matin, triste, pleurait
De l’uniformité... pauvre créature
Dont les guerres clivent, sans villégiature,
Le désir de grandir, le cœur désemmuré
De cette casemate : fortin sis au centre
De cités qui, dépoutrées, désossent
Des trémies, le trépied, aux bosses
Du ralentisseur chu de son épicentre.
De la tour bancale, d’où je me balançais,
Les filles cachaient de leurs vingt ans,
Ce ventre rebondi, ce giron abritant
D’indiscrètes amours, le fatal insuccès :
Fautives traites contractées en un soir,
Payées au prix du parjure de l’ombre :
Illicite manœuvre... bien trop sombre,
Au pinacle des louves sans histoires.
Etarqués, les derniers bourgeons
Semblaient vidés de leur riche tubule…
La sève de l’arbre, gangrenée de fibules,
De ronces et d’épines enfiellées le surgeon.
Hideuse diathèse de vieux terrains,
Macrocosme de géomorphogenèse,
D'orogénie, au bedon de caryocinèse
Fragilisant des fiefs la structure d’airain.
Du fragile trapèze, je regardais pourrir
Des saisons mutées, la faune, la flore ;
De l’écornifleur, les griffes perforent
La censive… même la mort doit mourir,
Sans plus paître en robe d’apparat,
Drapée de sultanat... se faire digne…
Que faut-il en ces sinistres guignes,
Au trompeur, ce zélote indigne ?
Sinon: purgatif dès le premier signe
Désobstrué de l’esprit encavé, tel un rat !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
