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mardi 19 septembre 2023

TRAPEZE

TRAPEZE

 

Sur d'étranges trapèzes, me suis balancé ;

Oubliant des heures : minutes et secondes

Peu à peu traversées de spires rubicondes

Déliant du coucher, les cerces nuancés.

 

Du fragile agrès, le monde semblait

Plus petit, plus pâle aux solstices présents ;

Les hommes marchaient voûtés, absents,

En la nébuleuse les faisant trembler.

 

L'enfant allant matin, triste, pleurait

De l’uniformité... pauvre créature

Dont les guerres clivent, sans villégiature,

Le désir de grandir, le cœur désemmuré 

 

De cette casemate : fortin sis au centre

De cités qui, dépoutrées, désossent

Des trémies, le trépied, aux bosses

Du ralentisseur chu de son épicentre.

 

De la tour bancale, d’où je me balançais,

Les filles cachaient de leurs vingt ans,

Ce ventre rebondi, ce giron abritant

D’indiscrètes amours, le fatal insuccès :

 

Fautives traites contractées en un soir,

Payées au prix du parjure de l’ombre :

Illicite manœuvre... bien trop sombre,

Au pinacle des louves sans histoires.

 

Etarqués, les derniers bourgeons

Semblaient vidés de leur riche tubule…

La sève de l’arbre, gangrenée de fibules,

De ronces et d’épines enfiellées le surgeon.

 

Hideuse diathèse de  vieux terrains,

Macrocosme de géomorphogenèse,

D'orogénie, au bedon de caryocinèse

Fragilisant des fiefs la structure d’airain.

 

Du fragile trapèze, je regardais pourrir

Des saisons mutées, la faune, la flore ;

De l’écornifleur, les griffes perforent

La censive… même la mort doit mourir,

 

Sans plus paître en robe d’apparat,

Drapée de sultanat... se faire digne…

Que faut-il en ces sinistres guignes,

Au trompeur, ce zélote indigne ?

Sinon: purgatif dès le premier signe

Désobstrué de l’esprit encavé, tel un rat !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023