La plage s’était vidée ; les bruines délavaient
La sablonneuse rive… assombrie, la falaise
Dressée entre les noirs rochers, du malaise
Accroissait l’étrange mutation… cendrées,
Quelques broutilles, au vent, s’éparpillaient,
Avant de se glisser sous la vague de mer ;
L’été en sa disloque, son éclat éphémère,
S’en venaient trépasser, seul… désenquillé.
L’automne, tel la dame à la faux, ajustait
Sa mornifle à la joue de cette décadence…
Les frimes de septembre en condensent,
L’inexacte portée, la dérive butée.
Le gris emmitouflait de l’aurore transie,
L’humide fulgurance ; la mousse au pied de l’arbre,
Laissait s’évaporer, du mausolée de marbre,
Les fluettes veinules infestées de moisi.
A l’orée des grands bois, la gerbille épiait
Les armillaires baguant les conifères…
Le preste souriceau, lui, s’y semblait défaire,
Pour de la bryophyte, et sans s’en méfier,
Tapisser son long breuil… la faune hibernée,
Du méritoire repos, salivait l’agrément…
La flore rabougrie, piégée des éléments,
Amortissait sa chute, déviée… consternée.
De l’improbable deuil des saisons affectées,
Le biotope, de l’homogénéité, rassurait
L’ovivore voulant faire ripaille ; emmurée
Sous la vasque, la véreuse granule infectait
Le verdoyant tapis de la plaine meurtrie,
Le fleurissant parterre des mas provençaux ;
Les orbes observaient du pâle jouvenceau,
Les primes cabrioles, quand le péon contrit,
Pleurait à pierre fendre sur sa terre ridée ;
Le gel en piégeait des jachères, les stries ;
Au printemps dernier, les rais avaient flétri
Sa tellurique nappe, et, jusqu’à l'en brider.
Des plis du lore de son bec, le verdier,
Faisait fi… emplissant de brindilles,
Son majestueux nid : couvoir de grenadilles
Aux frugifères sucs, au faîte d’anacardier.
Complainte du Horsain, souffle du Vouêtier,
Attouchaient du silence, le cylindre cuivré…
Hier, feuillus, l’aulne, l’insolente ivraie,
Le Liquidambar… même la Vinette (héritiers)
Des jardins de bohème _ se voyaient peu à peu,
Dessertis de leur belle parure : tiare
nervurée
Qui, de l’arboricole, adorne le structuré,
Rehausse du crépi, le tronc sec et râpeux.
Automne, toi qui en l’anonyme, bouscules encor,
Et la faune, et la flore : _ éloigne de la
sente,
Le cruel chardon, le nuisible sylibe ; des
pentes,
Où s’éclatent les fruits... adoucis le décor !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
