Ma mémoire a greffé, en de vagues poncifs,
D’anodines amours, d’éphémères conquêtes ;
S’est faite précurseuse, en-deçà de mes quêtes,
De vaniteux présages, en mon verbe rétif.
Ma mémoire a semé, aux lointaines jachères,
De prétentieux gamètes, d’altiers embryons
Faisant la nique au temps : ces haillons
Enlaidissent, et troublent encor ma chair.
A déprécié de mes brèves foucades,
La fluctuation… concise, thésaurise, au soir,
Pour s’en faire trésor, mes riches accessoires :
Opulentes mises de rudes algarades.
O tristes remembrances, amoindries !
Vous peuplez mes nuits amorphes, léthales,
D’ovoïdes chimères… du nectar de Tantale,
M’abreuviez… jadis, pour, à l’hypocondrie,
Me soumettre, sans mal… vaillance de rois,
Cran de chevau-léger, démunissent
Du ton, en ce confiscatoire, la sarisse
Prête à tuer du vice, le versatile effroi.
Mémoire enfuie, esquivée, mais… présente,
Tu fais de mes vaques, avant que de me lier
De noduleux préceptes ; tu étais mon alliée,
Quand la joie fardait _ imposante,
Les puériles grimaces du garçon fragile :
Irrévérencieuses moues de l’âme frondeuse…
Les vierges attisées de soifs licencieuses,
Amortissaient ma chute de puceau malhabile.
Je devinais la femme derrière ces canisses
Que les filles dressaient au socle du plaisir…
Leurs jeux donnaient ton au possible désir
Affectant les minaudes huées des pythonisses.
Solitaire, sur la couche bambane, j’écossais
Des fièvres masturbatoires, le visqueux reflux :
Longue traîne de semences joufflues…
L’audace en modulait le cylindre peaussé.
Sélective mémoire_ laisse-moi redescendre !
J’ai des vides à combler, des creux à obturer…
Les mots font réserve, afin de m’emmurer
A l’hypogée d’un cycle maculé de cendres.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
