pinterest

mardi 19 septembre 2023

AMOUREUX… PEUT-ÊTRE

AMOUREUX… PEUT-ÊTRE

 

Les amoureux, en la paresse du petit matin,

Construisent forteresses… sous la soie, le satin,

S’esbaudissent, quand la nuit fuit le jour,

Repus de suavité, prisonniers de l’ajour

Dont la noblesse farde l’altière enjolivure :

Imposante évasée posée en gélivure…

 

Les amoureux bâtissent des empires cossus,

De riches métropoles, des fiefs pansus ;

Au cœur de leur demeure, s’emplissent

Les crédences… les vivres en alourdissent

La mince verrerie, le gradin des cristaux

Aux miroitants reflets épiés du boqueteau.

 

Les amoureux s’illusionnent, au soir

Où tanguent les promesses faciles : pressoir ;

Y gouttent les mensonges d’amants nus,

Cloqués de pragmatiques donnes ; ténus,

Sont les projets de ces craintifs servants…

Se défloutent les ombres du remords éprouvant.

 

Les amoureux détissent de leurs rêves déchus,

Le fragile tramage… au cantre d’autres chues,

Se délassent l’ambition, le fallacieux avoir ;

Leur semble _ pensent-ils _ que prévoir,

Quand l’ivresse coagule l’idoine, affecte

De l’envie, les pulsions soudaines ; l’affect,

Mis à mal, dénature du style, la propension ;

Comme eux _ c’est vrai ! _ jadis, le pensions.

 

Les amoureux présentent, aux primes marées,

Au ressac d’ires injustifiables, l’orée

D’autres matins ramenant d’outre-lieu,

Les merveilles d’Alice… bercés du courlieu

Dont le fredon s’égaie ; patinent au saut du lit,

Ecrasés sous le poids de trompeurs parhélies,

Broyés sous fardeau d’immondes simulacres

Inquisitives quêtes aux portes du vrai sacre.

 *

Quand je suis amoureux, défait de têtière,

Desserti de frontail, au nord des pentières,

Je regarde le monde s’agiter en la nasse

De prévarications, de pétun de canasse…

Heureux, je mords au fruit de la vraie liberté…

L’amour est un appui pour le déconcerté.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023