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jeudi 7 septembre 2023

ÉVOLUTIVE DYSHARMONIE

 
ÉVOLUTIVE DYSHARMONIE

 

Il y avait des enfants au pied de la rigole ;

Joyeux, épanouis, se laissaient caresser

De la bise d’automne ; fier, s’y dressait

Le majestueux chêne chatouillé d’Éole ;

 

De ce pédonculé, les oisillons hardis, au soir,

Faisaient demeure… la nuit, encoffrée

De ses noueuses branches, lasse, s’offrait

A ce géant, ce mythe séculaire, pour asseoir

 

De la sorgue, la ténébreuse chape… ébahis,

Les gamins, adossés à ce tronc raboteux,

Imaginaient parfois, loin des sols cahoteux,

La douceur de l’instant démuni de saillie.

 

Il fait bon vivre sur la lande herbue… l’été,

En refaisant bagages, laisse ouverte la porte ;

Maugréant : _ que les ventées l’emportent !

Fit si bon… des plaines, aux rampes de jetées,

 

Quand l’océan poussait de ses vagues frisées,

La lame désodée d’irascibles crachins…

Quelquefois, répugné du tenace fraichin

Cloqué de nauséeux relents… dégrisés.

 

Rancunière ? sûrement !… on le serait à moins ;

N’est-il pas ? aux précoces murmures du temps

Dénaturé, se dissipent, derrière l’abattant,

Les volutes perlées du renouveau- témoin ;

 

S’y activent les grises feuilletées de septembre,

La moite mousse d’octobre… le froid décrispe

L’estivation ; s’avance furtivement, la hispe

Hérissée de pointes ; s’y défigent ses membres.

 

La germination a clos de sa superbe, l’aura ;

Les tenaces arômes d’offrandes frugifères

S’évaporent en l’azur blêmi ; tout à son affaire,

Le bouvreuil duvète de son nid, le claustra.

 

Les saisons, en marge de ces mutations,

Évincent des champs pleins, les semences ;

Les surgeons jonchent, en cette décroissance,

Les friables ridules de germination…

 

Sur le tapis transi de la belle vallée, s’attardent

Cochenille, tipule gourmande ; decticelle

Et Éphippigère, aux bruines en ruisselle,

S’y peu à peu, défont de leur vielles hardes.

 

Quand l’automne paraît, se dissolvent, à l’aube

Les émanations de l’humide cosmos… déliées

Des teintes cérulées, le remugle pose à ce palier,

Son souffle fermenté de miasmes d’engobe :

 

Irrespirable ruclon de semis étranglés

De lierre… là, de l’épaisse brume, montent

De lourdes vapeurs dessanglées de la fonte

De cirrus floutés, de flocons dessanglés.

 

L’automne fait son entrée, en raglan de cortège,

Sur la scène bancale d’un théâtre de morts…

Nul cavalier ne peut l’accorer à son mors ;

Demeure le parâtre que les ombres protègent.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023