Tes yeux portent le deuil des apparences ;
S’effilochent tes rêves, s’étiolent tes envies ;
Et si, aux lunes pleines, ton audace dévie
Du socle du possible, l’égide d’assurance
Ne pourra (saura ?) retenir les flèches du
malheur ;
Tu noieras (pauvre chose !) sans mot dire,
En l’alcool du désappointement, à t’en maudire,
L’optimisme, l’attente ; transmueras en
leurre,
Ce dont la liberté, en la foi du croyant, se fait
Fort d’élever au rang de la sagesse… l’hiver,
A ta porte, posera jugement ; plus sévères,
Seront les dogmatiques arrêts… défaits
De tes chimères, démuni de tes songes,
Tes besoins voleront en éclats ; l’existence
Dédoublera de tes lancées, l’intense,
Pour te mieux asservir aux peines qui rongent.
En la résipiscence d’âmes morigénées, l’esprit
Enclavera au for de l’inconscient, la perplexité :
Funeste présent illusionné, et en sa fixité,
D'imposants fardeaux bedonnés de mépris.
Tu aimerais grandir, en un cycle suprême ;
En fier minnesinger, en sublime trouvère,
Tu chapitres l’imbu, sermonnes à découvert,
L’arrogant de dépraves ; raffermi, tu sèmes
A tous vents ; ignorant, de la dissipation,
Le notoire désordre… que te faut-il, ici,
Pour rompre da capo*, en ce satisfecit,
Le col des convenances ?… ceint de crispations,
Tu décimes parfois, aux heures souveraines,
Les fugaces minutes du morne prosaïsme,
Sans pour autant_ de l’étrange archaïsme _
Isoler du passé l’interminable traîne.
Puisses-tu, ex
abrupto** pousser la porte
Des pondérations… s’y prélassent encor,
Et l’objectivité, et l’érudition… hors ce décor
Aux cognitives affres… que l’offense l’emporte !
** sans préambule
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
