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dimanche 24 septembre 2023

AUX SENESTRES… L’ECRIT ; AUX ENCAGES… LES CRIS

AUX SENESTRES… L’ECRIT ;

AUX ENCAGES… LES CRIS

 

Les cris viennent rompre le silence de l’âme,

Les mots en atermoient, pour piéger l’ignorant

Pris au rets du passé qui, le déshonorant,

Dévêt de son esprit, les nuances agames.

 

Les cris poussent harangue, et pour circonvenir

La foule assoiffée de ductiles promesses :

Serments qui s’allongent au sortir de messes,

Annonces greffées d’absurde retenir.

 

Le cri poussé par la progéniture, dévoile

Le nouveau-né d’un futur ambigu :

Avenir sclérosé d’invites suraiguës ;

Devra seul, trouver la nuit, sa bonne étoile.

 

Quand les cris admonestent l’idoine, le rêveur

S’imagine autre terre, nouvelle oasis,

A deux lieues du lit ; là, sans satyriasis,

S’engouffre au puits de souhaits sans ferveur.

 

Le poète, lui, déguenille la rime, déçu de voir

Les mots obombrer l’élégie… sa plume dépitée

Farde de catachrèse, son talent réputé…

Etrécie sa verve, étiole _ peut- être par devoir,

 

Toute la stylistique ; n’est-il pas de bonbec,

Le subtil Diafoirus, ce vantard prescripteur ?  

Ai-je de la faconde d’imposants contempteurs,

L’utile élision : précieuse apostrophe de becque,

 

Et qui, de ce distributif, resèque chaque part,

Pour du gosier avide, poser à ce goulet,

Sans parcimonie, l’offrande décagoulée

D’un tropisme érigé ?… sans faire-part.

 

Mes cris sont: aveux empreints de solitude ;

J’en confie l’efficace, avant que de me lier

Aux déconfites lois stagnées à mon palier,

Que piétine la gent sertie d’ingratitude.

 

Je cri, lorsque j’écris sous la toise de nuits

Enveloppées de cendreuses parures… j’écris,

Lorsque les cris viennent en exinscrit,

Ramener la tangente au faîte de l’ennui.

 

Mes cris font la confesse de désirs avortés,

De lubies achevées en un petit matin ;

L’aube fait clémence, en l’éveil diamantin

D’un jour déraciné d’appétences voûtées ;

 

De la concupiscence, à la chasteté, se diluent

Mes besoins… serait, lors, de bon ton, que j’aie,

Moi, ilote de réserve, sans me plus affliger,

Le talent de ces muses : ces naïades goulues !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023