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jeudi 28 septembre 2023

A DEUX PAS DE PLAISANCE… MA RIVIERE (AUX PORTES DE PERINELLE)

A DEUX PAS DE PLAISANCE… MA RIVIERE

(AUX PORTES DE PERINELLE)

 

Rivière de mon enfance, onduleuse piste

Traversée du fretin, d’agile menuaille_

Faut-il, au soir, avant que je m’en aille,

Défriser de ton lit, en fier équilibriste,

 

Les revêches remous sous l’ajonc jaunissant ?

Dois-je, au clair de cette onde, pénétrer

La moiteur, qui du bassin excentré,

Entoile de la nappe, l’éclat phosphorescent !?

 

Coulaison empierrée, vois poindre, en l’aurore,

Aux tumultueuses ides, l’estivale soufflée

De la verte montagne, ses murmures renflées

S’y venant déposer en pointes bicolores !

 

Je venais caresser l’hydrique étendue, au jour

Se dispersant, s’émiettant de la bise… j’avais,

Pour t’enjôler de caresses, soulevé

De la masse, la roche dont l’imposant ajour

 

Camouflait le macroure, la glissante loche…

Faisait bon en ta lie réceptive aux étreintes ;

Me mirant calmement au miroir sans teinte

Reflétant la parure dénantie d’encoches,

 

S’ajustaient les brasilles d’actinotes calciques :

Superbe enjolivure d’un juillet vagabond…

Les heures qu’il m’en souvienne, par rebonds,

Délacent de mes flux, les songes autarciques.

 

Rivière, mon amie, mille fois, t’ai vu bâiller

D’inconfortables gênes semblant là, t’assécher ;

T’ai regardé pâlir, puis, renaître_ couchée

Sur la barlongue de spires mitraillées

 

D’un Phoebus, dont Apollon nie prouesses ;

Grisé de permanences, accoré à ta baille,

Me suis fait échevin, pour, au son de mitraille,

Percer de tes mystères, l’aura enchanteresse.

 

Rivière, mon intime, ma discrète cuvée : cépage

Au confort du velouté des rêves, étonne-moi,

Illusionne mon verbe, que j’aie, en cet émoi,

La fougue du poète fuyant la blanche page !

 

Dilués de fantaisistes larmes, s’ingénient

Au for de mes attentes, à me perdre, ces rires

Confisqués au stupide béjaune ; lors, du pire,

J’aspire convenance _ hélas ! _ sans déni…

 

A dupliquer la soif, de factices influx, ai brisé

De l’espoir, aux miennes solvées, l’algébrique

Equation… mes déshérences s’imbriquent

Au probables nuisances… peu à peu, dégrisées

 

De l’éther des clichés : aseptiques poncifs

De la gent pernicieuse… dame nature,

Jamais, n’offrira à son cœur immature,

L’éveil de rivières éloignées du récif.

 

Au tressaut de ma plume, pirouettent

D’infimes suées… en pointes décordées,

Amplifient de mon style, sans harder

De vains mots, les signes d’esperluette.

 

Rivière de l’enfance : inaltérable empreinte,

Je te dois, au silence d’ombres compliquées,

Le profil de mes joies sagement dupliquées

De vertus… dont l’euphorie s’est ceinte.  

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023