(AUX
PORTES DE PERINELLE)
Rivière de mon enfance, onduleuse piste
Traversée du fretin, d’agile menuaille_
Faut-il, au soir, avant que je m’en aille,
Défriser de ton lit, en fier équilibriste,
Les revêches remous sous l’ajonc jaunissant ?
Dois-je, au clair de cette onde, pénétrer
La moiteur, qui du bassin excentré,
Entoile de la nappe, l’éclat phosphorescent !?
Coulaison empierrée, vois poindre, en l’aurore,
Aux tumultueuses ides, l’estivale soufflée
De la verte montagne, ses murmures renflées
S’y venant déposer en pointes bicolores !
Je venais caresser l’hydrique étendue, au jour
Se dispersant, s’émiettant de la bise… j’avais,
Pour t’enjôler de caresses, soulevé
De la masse, la roche dont l’imposant ajour
Camouflait le macroure, la glissante loche…
Faisait bon en ta lie réceptive aux étreintes ;
Me mirant calmement au miroir sans teinte
Reflétant la parure dénantie d’encoches,
S’ajustaient les brasilles d’actinotes calciques :
Superbe enjolivure d’un juillet vagabond…
Les heures qu’il m’en souvienne, par rebonds,
Délacent de mes flux, les songes autarciques.
Rivière, mon amie, mille fois, t’ai vu bâiller
D’inconfortables gênes semblant là, t’assécher ;
T’ai regardé pâlir, puis, renaître_ couchée
Sur la barlongue de spires mitraillées
D’un Phoebus, dont Apollon nie prouesses ;
Grisé de permanences, accoré à ta baille,
Me suis fait échevin, pour, au son de mitraille,
Percer de tes mystères, l’aura enchanteresse.
Rivière, mon intime, ma discrète cuvée :
cépage
Au confort du velouté des rêves, étonne-moi,
Illusionne mon verbe, que j’aie, en cet émoi,
La fougue du poète fuyant la blanche page !
Dilués de fantaisistes larmes, s’ingénient
Au for de mes attentes, à me perdre, ces rires
Confisqués au stupide béjaune ; lors, du
pire,
J’aspire convenance _ hélas ! _ sans déni…
A dupliquer la soif, de factices influx, ai brisé
De l’espoir, aux miennes solvées, l’algébrique
Equation… mes déshérences s’imbriquent
Au probables nuisances… peu à peu, dégrisées
De l’éther des clichés : aseptiques poncifs
De la gent pernicieuse… dame nature,
Jamais, n’offrira à son cœur immature,
L’éveil de rivières éloignées du récif.
Au tressaut de ma plume, pirouettent
D’infimes suées… en pointes décordées,
Amplifient de mon style, sans harder
De vains mots, les signes d’esperluette.
Rivière de l’enfance : inaltérable empreinte,
Je te dois, au silence d’ombres compliquées,
Le profil de mes joies sagement dupliquées
De vertus… dont l’euphorie s’est ceinte.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
