Les traces que j’ai laissées, avant de m’en aller,
Ont pavé du silence, l’insoutenable gêne
De ces âmes cloquées : espèce arrhénogène
Fuyant des froides stèles, les tristes mausolées.
Me suis seul, desserti d’invites princières,
Eloigné des grimaces de la plèbe vaincue,
Essorée des préceptes mis à mal du vécu,
Et qu’illute l’angoisse de chastes rosières.
Aux grondements des fleuves palpébraux,
En l’influx de lacrymales chues, sans mal,
Ai franchi la tortille qui, du suboptimal
Cosmétique la honte, les désirs cérébraux.
Maladroit sigisbée d’infidèles…apeuré,
Me suis laissé baguer en des raisonnements
Proches de l’oppression : itératifs tourments
Dont l’amante brisée semble encor écœurée.
De la communale où s’évaporent les sens,
Au lit froid des putains disgraciées, ma peau
A fait quémande, sous de vieux oripeaux,
De l’étrange sagesse que les hommes encensent.
Battu, bafoué, étranglé de stupides répons,
Ai vu mon âme partir à la dérive, piégée
De la cathèdre de chapelles assiégées
De mensonges de zélateurs _ je le crois_ fripons :
Vicieux prélats de laudes, réceptifs à la fesse
De naïfs pupos qui, en enfants de chœur,
Aux aubades mutées, évincent la rancœur
Du garçonnet soufflé du rite des confesses.
Ma vie s’est jadis, aliénée aux subtiles
pirouettes
De manigances crues… l’émotion, la douleur
Transmuèrent à mon deuil, d’autres leurres ;
Qu’importe ! rasséréné, je fuis les
silhouettes
De ces pontes hardis aux mises de sixain :
Flambeurs mitraillés de la maréchaussée,
Haussiers déparés, peu à peu, déchaussés
Du banquiste véreux croqué d’un noir fusain.
La noblesse du moi, sans les frasques d’ego,
Pommade d’un généreux baume, mes traînes
De va-nu-pieds aux défroques lointaines
De Mando : mon ombre tourmentée au vulgo
D’un sabir… que les passions égrènent.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
