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samedi 12 août 2023

SENTENCIEUX APHORISME (Il pleut)

SENTENCIEUX APHORISME

                                                                    (Il pleut)

 

Il pleut encor au dôme des solitudes,

Aux chambres où l’amour s’effiloche ;

Les défigurés lardés de mille encoches,

Soignent de leurs blessures l’estafilade rude.

Il pleut

Sur mon sommeil, de factices narcoses,

D’oniriques flots emperlés de moiteur ;

Au matin blême figé de mots menteurs,

D’apophtegmes qui nous ankylosent ;

Coulent

Des maladresses écernées en l’aurore :

Badines complaintes puisées au soir

De la riche cuvée hissée en encensoir

Au cou d’infidèles, quand la hargne pérore ;

 

De la métonymie, en figures de style :

Images nimbées d'un verbe lourd ;

Dont Boileau rehausse, pour le rhéteur sourd,

La concise morale bafouée du plus vil.

A l’aube,

Sur l’épistole de Germaine de Staël, flottent

Les mots ; le vicomte de Chateaubriand

En caresse le fluide éventé, oubliant

Des scélérates mues, les pacifiques notes.

 

Il pleut sur l’oulipo : orgueilleux cénacle

Et, qu’étreignent les lettres ; je l'atteste !

Structuralisme et ithos s’y molestent ;

Là, l’idiome en dénonce la fatale débâcle.

 

Beaumarchais parachève du factum,

L’irrésistible pamphlet… quoique déculotté,

Avoue de sa ruine_ avec grâce, beauté,

Avoir tiré profit… dame ! Devint-il factotum ?

 Que nenni ! 

 

Ne se peut, de la gloire, rompre da capo,  

L’enjôleuse phonie ; la quadri en complète

L’irrévérence…en des notes d’esthètes

Vexés du dithyrambe… nous collant à la peau.

 

Triste, François de Malherbe soupire

Aux resucées de Bueil de Racan, puis,

Égrène de l'art, sans philosophie, l’étui

Des lames entaillant le faste des empires ;

 

De Tallemant des Réaux, l’obsession,

Enchâsse des lubies, l’idiosyncrasie

Offensée de la langue…  Telle l’hérésie

Flouant des rémanences, l'utile élision.

 

Brisez de la didascalie, le silence voulu !

Pleut à verse sur nos tristes édits...

Moi,

J’ai pour haussière_ sans contredit _

Resqueste de Villon… ô je l’ai si souvent lue !

 

Faites donc du sophisme, éclore, en l’absolu,

Vigueur et panache d’inutiles emphases !

Sèmerai aux vents, d’harmonieuses phrases,

Des miasmes d’auteur_ dois-je le taire (?)… goulu !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023