A L’ŒUVRE
ACCOMPLIE
Des rêves transmués, aux empiriques songes,
S’évaporent les nuits de notre devenir…
Il pleut, souvent, à verse sur le vain retenir
De ce flou présomptif, et que l’ébauche ronge.
Nous fardons du réel, les moites commissures,
Imprégnant la balèvre de mimiques trompeuses ;
Nos aveux sont des propos menteurs ;
Chacun de nos souhaits, une meurtrissure.
N’apportons rien, que chimères, utopies,
En la frêle musette du temps périssable…
Nos vies frôlent d'heures incalculables,
Les fuyantes minutes encartées de dépit.
Quand sonnera le glas, ce funèbre tocsin,
Aurons tous l’apparence d’astres désorbités ;
La passion des jours sertis de probité,
Ne raisonnera pas le courroux assassin.
Le Céleste Juge (je m’adresse aux impies),
Lui, L’unique Dieu, Lui, L’Esprit longanime,
Lors, condamnera braves et pusillanimes,
Refusant de La Croix, Sacrifice… la diplopie
Obéît à des règles qui nous souvent dépassent ;
Elle enferre l’idoine à de douteux concepts ;
Si l’homme se pommade d’afféteries ineptes,
La mort sans apprêts, donne pitance aux races.
Nul n’a le droit de se laisser corrompre !
Le libre-arbitre réajuste au lore, la visée…
Dressée sur champs de ruines, l’âme avisée
Se prémunie, et pour ne se point rompre,
De la foi des Apôtres : ce Précieux Don…
Elle soulève montagnes, asservit le colosse ;
Les miracles l’entrônent, ne jamais en écosse
Le valeureux noyau… elle prône le pardon.
Naître pour exister, ou naître pour aimer (!?)
Si j’existe, pourquoi dois-je douter du Maître
De l’existence : Mon Créateur Béni, L’Être
Suprême, mon Seigneur adoré, en l’acmé
De désirs corrompus, d’indignes appétences ?
Si j’aime, alors… oui, je suis né pour offrir
Au Divin Rédempteur, mon être entier :
Mes rires et mes larmes… moi indigne rentier
De suffoques notoires… pour Lui, souffrir,
Sans renier de L'Œuvre, La Constance,
Est le couronnement de ma terrestre vie_
Mes longes se fissurent, s’écaille mon cadre…
Non… n’ai pas le droit de me muer en ladre,
Aux tintes des grelots ! si l’automne dévie
Du socle des brumailles… pirouette,
Pour m’en faire promesses ; si l’hiver dénoue
De mon ombre, l’inusable carnèle ; à genoux,
Je prierai sans relâche, en flexible rouette,
Me liant à mon Sauveur béni… vainqueur,
En d’autres lieux, conquérant d’un passé
Ayant plié bagages, j’avance, où le trépassé
S’attife de sermons ânonnés ; sans cœur,
Il gravite au parvis d’immondes cathédrales ;
Le péché pour demeure ; sa vie est un gouffre…
Ne se peut, en ces pompes, et s’il souffre,
Espérer du Ciel, Le repos… un peu plus, ses râles
Bouchonnent le conduit de La Vraie Liberté…
Il paiera le prix fort, avant de succomber !
Hier, il avançait : tête haute, torse bombé…
Le voilà, pris aux crocs de ses velléités !
O comme il me tarde, en Jésus, mon Amour,
De toucher du bonheur les infroissables ailes !
Mes jours se parfument de serments Eternels,
S’imprègnent du Nard de son précieux Ajour.
