Monotones coulées sur le bitume froid
De belles avenues empanachées de luxe, d’abus
De notoires travées, de disproportions…
Fastidieuses saucées jouxtant vieux beffroi,
Pont-levis et poterne, empruntés d’imbus
Dont l’empire apprivoise la déception.
Venez lavez du mal encellulé de vices,
De consomptible stupre, d’hédonisme,
Les pénibles travers, en ce sybaritisme
Où surnagent les gaupes qui y sévissent !
Que du ciel azuré, s’égrènent des perlées
Semblables au clapotis de fleuves difflués,
Et qu’ingère la bise aux pochées diluées
D’irascibles crachins subtilement ourlés !
Pénétrez la moiteur de trop longs boulevards !
S’y repaissent les larves du dévergondage :
Ces vouivres dénudées, comme pincées d’adages :
Sirènes, ou pâles hétaïres au sabir bavard !
Nettoyez ces tunnels infestés de débauche :
Couloirs empuantis, dont le faste maquille,
Aux nuits de lune pleine, les généreuses quilles
De ces jambes galbées de désirs en l'approche !
Clarifiez l’espace des ténébreuses chapes ! …
S’entortillent les rêves… quelquefois préconçus :
Songes immolés au pal de céladons déçus,
Geôliers de besoins que la vertu encape.
Sachez curer les bermes de trottes ambiguës !
Aux diaphanes flux du matin renaissant,
A l’aube, aux cernes de renoncules, le sang
De virginales roses floutera le fiel de ciguë.
L’audace sera vaincue… pousseront de l’aurore,
Les premiers arpèges de vivaldiennes salves…
Harmonieusement, comme éclos sous la valve,
Le bonheur boutera l’inélégant pérore.
Confiant en ces crues mutagènes, verrai choir
Les grêlons de l’offense, avant de m’assoupir
Au creux du filanzane… démuni de ce pire,
Ajusterai de l’âme, sans crainte… le pochoir.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
