J’ai traversé les ponts où les sages vacillent,
Les longues passerelles en-deçà du biveau ;
Là, je vois chanceler l’anamorphe chenille,
Probable papillon sur d’étranges caveaux.
J’ai parcouru la lande, griffé d’herbes folles,
De coupant hallier, sans m’en plaindre jamais ;
Sans sucer de la lie, les miasmes de fioles,
Ai aspiré de l’uvale dépôt le cépage gamay.
J’ai donné aux complies de ternes répons,
Grimacières notes, vaporeuses teintes ;
Quand j’ai vu l’animal leur soulever jupons,
J’ai compris que les filles feraient fi des
saintes.
J’ai brisé le silence du pesant noviciat,
Desserti d’homélies, la sournoise berce,
Niant des pleureuses éraflées d’opuntia,
La zélote mainmise : cet impudent commerce.
J’ai baisé des mitaines les exsangues phalanges,
Posé sourire aux lèvres de farouches pucelles ;
Nos quinze ans, en des mues qui dérangent,
Accédaient au palier d’altières jouvencelles.
Ai fait l’amour debout, en de froids corridors ;
Y implosent les râles de minnesingers
Rehaussant du rêve, en piètre matador,
L’ardente muleta servant à les piéger…
S’y affairent : catins et nobles gens, grisés
Du souffle chaud de la breneuse chair,
Ce chiffon aux coupables suées… remisé
En l’entrisme de folles surenchères.
Ai, des prétentions de l’ego-camisole,
Animé l’orgueil du mâle sans attaches,
Du marin égaré, sans voile, ni boussole,
Avant de voir moisir son cuir de sabretache.
N’ai plus rien de l’enfant qui dupliquant
De son derme surfait, le bamban édicule,
Illusionnait son double à vau-l’eau, quand
L’espoir, et la tombe, jouxtent le réticule
Arc-bouté sous l’enceinte acrotère ; en
bouscule
L’ouvrage : ex-libris de capricieux décans.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
.jpg)