pinterest

dimanche 27 août 2023

QUE NE SERAIS-JE PAS !

QUE NE SERAIS-JE PAS !

 

 Il y a des matins où s'étrécie la voie

Dont j'emprunte, sans même y penser,

Fugaces lacets, flexuosité… y louvoient

Les spectres du linéament… offensés.

 

Je fuis les mânes d'un autre temps,

Les chimères de ces terres vaincues

Délacés d'improbables printemps,

Aux plaines purgées de leur vécu.

 

De mes rires soufflés, l’anhélant soupir,

S’y semble dilué ; ils travestissent,

Hors l'influx lacrymal, les miasmes apyres

Modulés de grimaces ; ils chancissent

 

Des noires nuits, la transe d'insomnie

Annihilant du rêve la fluide acuité…

Que ne serais-je pas, flagellé de déni,

De billevesées piégées de fatuité !

 

Au renouveau, se pâment les ombres,

Du double-pérégrin, mais sans terre,

Aux songes flétris, et sans nombres

Echus d’arrogantes pensées : cratère

 

En implosion, au réceptacle, ad vitam ;

Y naissent, parfois, de rageuses bruines,

D’offensantes gangues… mon âme

Boude, de ces rancunières, la pruine

 

Défaite de gordiens, l'offensive chimie,

La fielleuse mixture… cet inconfort

Pénètre la vacance de l'insoumis

Qui, de la chair, aspire le contrefort.

 

Sans m’aliéner aux nuisibles rites,

Je balaie d'un revers de la main,

Les frasques ; puis, en raréfie du mythe,

L'excessive portée de tristes lendemains.

 

En nécromancienne, ivre de conjectures,

L’achronie déplisse la présupposition

De variantes encloses de mouture,

Afin de l’entremettre des réactions

 

Dont s’étoffe souvent le précieux silence

Du poète rêveur détramé de la duite ;

Sa plume diligente, sans montre d’allégeance,

La folle mécanique de rimes en fuite.

 

Il donne à son œuvre : exacte résurgence ;

Et, pour aimer, s’applique un peu plus,

A sublimer l’écrit amputé d'absences,

De subornation: dérisoires surplus.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023