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dimanche 9 juillet 2023

LAISSEZ PASSER L’OUBLI

LAISSEZ PASSER L’OUBLI

 

Des souvenirs éteints, enfouis sous la cendre ;

Des songes compulsés d’inconfortables nuits,

N'est plus que cendres entassées au réduit

D'un vieil habitacle d’où j’aimerais descendre :

 

Pompeux cauchemar jouxté de la narcolepsie ;

Bien étrange voyage d’un errant sans monture :

Pauvre itinérant, égaré, sans solde, ni toiture…

L’amour lui a confié les clés de l’antisepsie,

 

Pour le mieux protéger des fléaux à venir,

Pour le mieux prévenir de l’empreinte rougie

D’anonymes dérives… quand la mort les régit,

Que s’amplifient les râles de notre devenir.

 

Aux nocturnes voilées, la sépia jaunie pince

De l’inconfort des rides, la défectuosité ;

L’ivresse, en ce flou graduel, sans ingéniosité,

Décille de l’oubli l’étançon bien trop mince.

 

Nous voilà aux portes d’un passé décati !

Nos quinze ans font la nique au temps…

N’est_ et c’est peu de le dire_ en ce distant,

Nulle offre mutagène, en gavée d’abattis !

 

Notre enfance surnage en la cuvette pleine

Où les rires se cognent aux colères fardées,

Les grimaces d’adultes nous venant harder,

En troupeau assoiffé, altéré, hors des plaines.

 

Anamorphes poussées dilatées en l’aurore

De jours sans harmonie, quand l’efficace

Adorne le spleen de promesses loquaces,

Et que taisent encor, les larmes indolores ;

 

Vous engrossez de fièvres constantes, l’âme

Du racheté : ce nouvel apôtre de la foi ;

Vous ensemencez, aux germes de grands froids,

Nos plaintives jachères, tous nos guérets agames.

 

Les clichés d’autrefois, les portraits de jadis,

Aux troubles de l’espoir, souvent, s’accumulent,

S’amoncellent, à l’aube, en précieux abacules

Posés là, au vitrail d’inaccessibles indices.

 

Empaumé de disgrâces, le cœur, lui, écale

Des aveux, la retorse confesse… désengagé

De stupides rituels, il semble engranger

De nos besoins, chaque visée focale.

 

Lors, tel derviche en pirouette, ce nervi

Désarmé du reître qui l’asservit, notre profil,

Cette ombre dilatée, dénerve du faufil

La friable fronce du vulgum en survie…

 

La solitude entrône de la peur, en sa lie,

De profondes blessures, de béantes crevasses ;

Il suffirait d’un mot_ un seul_ pour que passe

Jeunesse… peu s’en faut, qu’au matin, je l’oublie !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023