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lundi 3 juillet 2023

DIAPHANES COULEES

DIAPHANES COULEES

 

Les eaux calmes de Baïkal promènent au matin,

La douce nonchalance des réserves liquides ;

Translucide cuvette que les risées dérident,

Riche aquamanile aux reflets diamantins

 

Y frémissent, parfois, d’ondulantes pincées :

Fragiles gouttelettes aux vents, éparpillées ;

L’hiver pose en son lit, et pour l’en habiller,

De ductiles caresses dérobées aux saucées.

 

Le Nyassa Malawi aux éclats azurés, prolonge

De la plaine, en l’écho des ventées, l’empreinte

De fonds clairs, dont les cichlides teintent

L’évaporeuse niche enserrant les éponges.  

 

La vallée du grand Rift enlace ses bordures,

Tressant sur sa barlongue, d’alcalines chutes,

Au tourbillon de l’onde qui s’y percute,

Sans craindre du gramen, l’intense évidure.

 

Majestueux lac du Tanganyika : frontière

Entre la Tanzanie, la Zambie, ces contrées

Jouxtant le Burundi, côtoyant, et de près,

Le Congo voisin, son ami… oui, son frère !

 

Quand ton cristal dessoude, aux tornades vaquées,

La peau de l'hydrique nappe, l’étrange revient

S’accoupler, avec grâce, au souffle abymien

De ces terres lointaines dérivées, hors des quais.

 

O Huron : lac Supérieur du nord de l’Amérique,

Toi, que les Iroquois massacrèrent sans peine ;

Toi que les infidèles bannirent des plaines,

Regarde s’approcher ces suppôts amnésiques,

 

Ces chercheurs repentis au leurre de l’histoire !

Ne se peuvent dompter de minables poudrées ;

Eux qu’emmurent les sables d’impossibles adrets,

Que la beauté encerne de rites attentatoires.

 

Ce lac, mon lac : immense Victoria, riche vasque

Pointée d’astres nouveaux… immensité solvable

D’un cosmos effeuillé, en ses rives palpables ;

Comme il me plaît, sans comptines tarasques,

 

De chanter ton ivresse… du Kenya cuprifère,

 Aux serres d’Ouganda, la rebelle nilotique ;

Victoria, envoûtante, ô combien ! mon distique

Entoile de tes plaintes, les reflux aquifères.

 

Vous, onduleuses avenues, messagères lacustres,

Vous bohêmes escales de mes rêves tronqués,

Faites-moi accéder _ j’aimerais embarquer 

Au nid de vos fuites !...  Céans, poser au balustre,

Ma dégaine rompue… et, au ton de l’illustre,

Humecter l’aquarelle de ces toiles croquées.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023