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dimanche 2 juillet 2023

DECHOIR AUX AUBES CLAIRES

DECHOIR AUX AUBES CLAIRES

 

Une tête est tombée… un roi a succombé…

Elle ne fut pas en reste, l’Autrichienne

Morcelée par la haine d’âmes cabochiennes,

Dépecée de l’animadversion de l’esprit plombé.

 

La mort, ce fourre-tout, en quille sur vos bermes,

A grimé le monarque, apostasié sa foi…

Il a fait marchandage, du faîte du beffroi,

Aux pousses contrefaites, aux répulsifs germes

 

De rites séculiers, d’observances formelles,

Pour en assujettir le zélateur bouffi : ce bigot

Cadenassé de prêches insufflés au cagot,

Verrouillé de sermons, de litanies gémelles.

 

Un royaume n’est plus… la cour fera bombance,

Qui du roi, de la serve ; qui du prince, du palefrin

Au cercle de ce mouroir, se laissera, sans freins,

Divertir des loges de la Parque, sans ganse !

 

Sera-ce, en ce jour endeuillé, aux solstices,

Que s’allieront nobliaux, écuyers, blasonnés :

Ces damoiseaux stériles, à jamais soupçonnés

De la vieille garde ! épiés, d’autres interstices,

 

Le preste gentilhomme, le vaillant duelliste,

Se feront accolade, en croisant le fer… altiers,

Souverains… avançant au son de luthiers

Acclamés de la gent pour le moins affairiste.

 

Aux mires du mol achalandage, les vivres

Redonneront sourire aux vassaux : feudataires

Aux portes de suzeraineté ; pliés en acrotère,

Tel le socle au fronton d’un lupanar de vouivres.

 

Le Dauphin sera roi… l’infante, séduite, rougira,

Gauche, en ses brodequins ; affectueuse Manon

D’un couvent désœuvré, qui, au son du canon,

Egrènera neuvaines… advienne que pourra !

 

Au taffetas brodé de fringants baldaquins,

Putains et caméristes se feront marquises ;

Engrossées au soir, et avant l’heure exquise,

D’un lovelace, glissé sous leur chaud casaquin.

 

Les curés, ces nonces assiégés d’indignes confesses,

Supplieront la madone aux vertus d’un carmel

N’ayant point vu le jour… rutilantes mamelles,

Et pelucheux poitrails, sublimeront la fesse,

 

Sans qu’il leur soit permis d’accéder, aux laudes,

Aux rudes gémonies de la contrition…

Bien fol, qui s’y fiera !!! devant tant d’imprécations,

Le clerc affolé parafera l’ouvrage que, penaudes,

 

Salueront les reines bafouées : de ces cornades,

Les cocufiées, sans montre de parcimonie,

Agrémenteront, en de nouveaux salons, sans déni :

Insipides causeries, palabres bien trop fades,

 

Pour du fastidieux, redorer la constance…

Aux nuits de tarentelles, aux rigaudons d’artistes,

Les bernaches poudrées : ces tenaces suivistes,

Déhancheront, pour plaire, et avec insistance.

 

Les sages embaqués à ce jeu de croupes, diront : _

Callipyges sirènes enarbrées d’énergie, oyez

De l’agonie de ces pâles catins, ces dévoyées,

Le maupiteux râle ! … certes, nous le publierons

 

Aux générations futures… les scribes, dont Boileau

Alimente cortège, vexeront les plus tendres :

Ces plumes avachies, ces copistes de cendres,

Emportés de bourrasques émiettées sur l’eau

 

D’océans délacés de tropiques contrées… feront,

En ces métamorphoses baguées d’irrationnel,

Epithètes pour, de la poétique, en ce traditionnel,

Anoblir langage, et du barde, griffé sous l’éperon,

 

Aseptiser, tel le clephte déchu, le sabir moqueur

De livresques prosopopées, aux diurnes fontes

Du frileux accessoire qu’Aristote, et sans honte,

Accole aux images sublimées sans rancœur.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023