INEXPLOITABLES CONFINS
Aux frontières
du mal, s’écalent nos humeurs ;
Aculés,
insolvables : l’homme vit, quand il meurt
Aux mensonges
faciles, aux tromperies notoires :
Fallacieux
discours, gestes ostentatoires.
Aux frontières
du vice, s’amenuisent l’envie,
Le besoin d’aliéner
à la mort, la vraie vie ;
Se diluent chimères, et illusions d’amants
Piégés sous
le pont de ces corps en aimants,
Que l’audace
nomme : FEMMES ; ces poupées
Habiles,
voire adextres, nous voulant découper.
Aux frontières
de l’enfance, s’encapent les folies
D’un monde sursitaire,
un cosmos ramolli,
Où traînent
des noceurs empourprés de vices,
De fringants
libertins affriolés d’auspices.
Salivent à
l’idée de pétuner la nuit, de noyer,
En l’alcool,
leurs remords, et sans atermoyer ;
Déçus,
dégorgés du babil d’ères embryonnaires,
Ponctionnés
des primes lallations… scissionnaires.
Aux frontières
du savoir, s’étiolent les mots :
Hier, noble
langage ; céans, obsolescents fermaux
Posés au
conclusif d’inadaptables phrases :
Borborygmes
drapés d’inutiles emphases ;
On voit,
aux trottes de l’érudit, le seing
D’un axiome
qui, parfois, en l’adage assassin,
Berne la
sémantique, la lexicologie : synchronie
Mue en la
stylistique riche d’orthophonie.
Aux frontières
de l’espoir, s’essouffle l’attente :
Ces souhaits
pétris d’expectative, et qu’enfante
La
présomption… n’est en ces lunes pleines ; hélas !
Nulle variante :
version, que le trouble n’efface ;
J’imagine
mon double féal : altier sigisbée
Au bras d’une
égérie : muséale ondine inhibée,
Freudienne,
à qui l’amour, aux traverses liées,
Refuse allégeance…
repoussée, jusqu’à mon palier.
Aux frontières
de tendres élégies, se dénouent
De chagrines
portées ; tristes, à deux genoux,
Implorent,
aux perméables stances, souvent,
L’idéologue,
le théoricien, aspirant de l’auvent,
L’idéale
clarté, la fulgurance d'un soleil,
Aux flammèches dégourdies de sommeil…
Aux frontières
de ma plume, se dissolvent encor,
D’exceptionnelles
rimes, sans l’orgueil du décor
Contrefaisant,
l’intense catachrèse : métaphore
Boudée du
concis de cénacle, qui, de l’amphore,
Hume l’uvale
teinte, la râpeuse lie… dommage !
Se peut-il,
aux griseries lunaires, sans damage,
Qu’il piétinât
l’ombre de l’autosuffisance,
Qu’il damât
le profil de captieuses aisances !?
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023
