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samedi 1 juillet 2023

INEXPLORABLES FONTIERES INEXPLOITABLES CONFINS

INEXPLORABLES FONTIERES

INEXPLOITABLES CONFINS

 

Aux frontières du mal, s’écalent nos humeurs ;

Aculés, insolvables : l’homme vit, quand il meurt

Aux mensonges faciles, aux tromperies notoires :

Fallacieux discours, gestes ostentatoires.

 

Aux frontières du vice, s’amenuisent l’envie,

Le besoin d’aliéner à la mort, la vraie vie ;

Se diluent chimères, et illusions d’amants

Piégés sous le pont de ces corps en aimants,

Que l’audace nomme : FEMMES ; ces poupées

Habiles, voire adextres, nous voulant découper.

 

Aux frontières de l’enfance, s’encapent les folies

D’un monde sursitaire, un cosmos ramolli,

Où traînent des noceurs empourprés de vices,

De fringants libertins affriolés d’auspices.

Salivent à l’idée de pétuner la nuit, de noyer,

En l’alcool, leurs remords, et sans atermoyer ;

Déçus, dégorgés du babil d’ères embryonnaires,

Ponctionnés des primes lallations… scissionnaires.

 

Aux frontières du savoir, s’étiolent les mots :

Hier, noble langage ; céans, obsolescents fermaux  

Posés au conclusif d’inadaptables phrases :

Borborygmes drapés d’inutiles emphases ;

On voit, aux trottes de l’érudit, le seing

D’un axiome qui, parfois, en l’adage assassin,

Berne la sémantique, la lexicologie : synchronie

Mue en la stylistique riche d’orthophonie.

 

Aux frontières de l’espoir, s’essouffle l’attente :

Ces souhaits pétris d’expectative, et qu’enfante

La présomption… n’est en ces lunes pleines ; hélas !

Nulle variante : version, que le trouble n’efface ;

J’imagine mon double féal : altier sigisbée

Au bras d’une égérie : muséale ondine inhibée,

Freudienne, à qui l’amour, aux traverses liées,

Refuse allégeance… repoussée, jusqu’à mon palier.

 

Aux frontières de tendres élégies, se dénouent

De chagrines portées ; tristes, à deux genoux,

Implorent, aux perméables stances, souvent,

L’idéologue, le théoricien, aspirant de l’auvent,

L’idéale clarté, la fulgurance d'un soleil,

Aux flammèches dégourdies de sommeil…

 

Aux frontières de ma plume, se dissolvent encor,

D’exceptionnelles rimes, sans l’orgueil du décor

Contrefaisant, l’intense catachrèse : métaphore

Boudée du concis de cénacle, qui, de l’amphore,

Hume l’uvale teinte, la râpeuse lie… dommage !

Se peut-il, aux griseries lunaires, sans damage,

Qu’il piétinât l’ombre de l’autosuffisance,

Qu’il damât le profil de captieuses aisances !?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023