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jeudi 27 avril 2023

DIFFICULTUEUSES QUESTES

DIFFICULTUEUSES QUESTES

 

Je sais des souvenirs raviver les couleurs,

Déplisser de l’enfance le généreux bâti ;

Il m’arrive de boire, épuisé, abêti,

Aux sources d’un passé gangrené de pâleur :

Celui dont l’amour esche encor de son leurre,

Sans douter du désastre transmué d’apathie.

 

Combien de promesses, de conciliabules,

D’aveux capitonnés de murmures sans rides,

De serments chus de la lèvre humide,

Et que le temps disperse au soir, en barbules.

 

A quinze ans j’accusais au for de mon négoce

Les présomptives donnes de ce futur espoir

Alimentant rumeurs quant à cet apparoir

Etabli aux stigmates de l’errance d’un gosse…

 

Qui suis-je en ces sanguines fontes, ce dégel ?

En ce glacis pentu où trottent mes remords,

S’amplifient les regrets attelés à ce mors

Embridant de ma joie la fragile tigelle.  

 

Encuvé de pochades, de vaines sinistroses,

Ai pris des raccourcis aux comateuses fièvres

De la réflexion… mes boutades trop mièvres

Emperlèrent du style sirupeuse dextrose.

 

Prisonnier de fantasmes proches de l’onanisme,

Ai su défigurer, en cet autophilie, l’ivresse

Conciliaire de nonces hypocrites, dont la fesse

De callipyges muses peut s’absoudre des schismes.

 

Solitaire aux nuits de l’enfance blessée,

Ai vu gicler le sang de mes rêves voilés…

Sous l’encre violacée de ce vide étoilé,

Mes rires se sont tus… pour, à jamais, cesser.

 

L’éponyme que je traîne engaine mes chagrins ;

De qui suis-je le mâle contrefait d’aporie ?

Ai-je de l’antinomie, sans autre théorie,

Assujetti le doute distillé en égrains !?

 

J’ai trouvé en Dieu, mon Sauveur Eternel,

Le repos et l’amour du croyant délivré…

En Jésus, mon Rédempteur béni, je vivrai

Repu de jours bénis… l’âme passionnelle.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mercredi 26 avril 2023

SAVOIR : INFLEXIBLE TUTEUR (Aux doctes grisés de rhétorique)

SAVOIR : INFLEXIBLE TUTEUR

(Aux doctes grisés de rhétorique)

 

Aux rires pleins des muses se diluent

Et l’espace, et le temps consomptibles ;

Au pulpeux de leur moue corruptible

S’affairent des pépiements goglus.

 

Leurs ductiles mensonges pommadent

A escient le naïf piégé de chimères,

De froides utopies encrées en l’éphémère,

Au soir où le sabir s’étoffe d’algarades

En la lingua franca profanée de l’alcade

Mis à mal de l’Ibère au jobelin sommaire.

 

J’effeuille noble langage au style de la prose

Posée au palimpseste dont je me fais parfois

Herméneute de lois acquiescées de la foi

Du croyant rassuré, banni de l’amaurose.

 

Tant de mots écorchés de malhabiles lèvres,

De vocables usés aux vents d’élocution

Grisée de vains discours, d’aberrations

Pulsés de matamores... l’audace les enfièvre.

 

Se doit-on de conspuer_ avant que de se taire_

Le docte de facultés, le sage d’académie ;

Sont-ce là les ectoplasmes de l’endémie,

Les trublions au verbe délétère… ?

 

Ces barbants ronds-de cuir du professorat  

Engluent d’un mol enduit l’intellect muché

Sous de stupides règles : édits écachés,

Egrugés de glaçures de protectorat…

 

L’affect mis en berne a fait de ces trompeurs :

Orgueilleux pédagogues de cégep… emmurés

Au savoir du lettré… on les voit murmurer

Mesquins épistémès aux miteuses vapeurs ;

Trop souvent, allégoriques donnes, en la peur

De fragiles pupos au désir fissuré…

 

Caton et sa morale a peu à peu séduit

L’enseignant privé du libre-arbitre…

Celui-là même qui pérore au pupitre ;

Lui que l’obsolescence à céans, réduit

 

Au silence… face à la déferlante d’images

Glosées d’adeptes de l’informatique ;

Ces néo-affranchis salivent au portique

De la gent anonyme en plein écimage.

 

Voyez ces souches mitées ! fonctionnaires

Épiant retraite en se croisant les doigts,

En disloque, bouffis, désœuvrés, maladroits

Aux noces de la plèbe factionnaire.

 

Sous guérite, la jeunesse refoule sans mal,

La poussiéreuse pédagogie… Jules Ferry

En son tiède linceul … je le crois ! en rit…

Heureux de voir le disciple de Normale

Cacarder au vide de l’étrange : Pauvre animal

Blessé de tant d’offenses… offensé, marri.

 

L’école a tué l’enfant que Dieu a fait libre,

L’innocent encavé de hideux préceptes

Dont la compréhension aux riches concepts,

Accuse évidence aux sonnets du félibre…

 

Griffé de scholastique, de vexants aphorismes,

L’écolier s’en vient paître en ce déclamatoire

Dont khâgne fait bombance; cet ostentatoire...

Le savoir tale du raccourci sans schismes,

 

La berme de l’existentialisme… convaincu

D’avoir aux accusatifs, prisé pétun, sans

De l’ivresse probable, retenu en son sang,

L’éphémère volute… que n’aura-t-il vécu !...

 

« OUVREZ UNE ECOLE… FERMEREZ PRISONS ! »

Disait ce cher Hugo, se croyant prophète…

Pauvre lord ! orgueilleux silène ! la défaite

Récuse cet argument… jamais, ne méprisons

 

Le simple niquedouille ! car aujourd’hui,

Se tissent en ces écoles : criminogènes actes ;

Les élèves agressent le pédagogue, au pacte

Le liant de mortifères enduits :

 

Voyoucratie dont se sustente le fat ;bague

Du conceptuel en ce spéculatif, la raison…

Nulle âme ne se peut aux fades oraisons,

S'adorner de silences… la dague

 

Du tentateur scarifie des vertus, toujours,

Le ready made… quand l’illusion dévore

A coup de parélie, l’espèce, le limivore

Empuanti en la vase voit s’étioler le jour

 

Où s’alune l'astre de félicité… se meurt

Disgracié de rêves écrasés, de songes floutés ;

Reste en ce désordre… à vous en dégoûter,

Miasmes condensés de la belle demeure :

L’esprit du nouveau-né défait de ces rumeurs

Anonnées de guerre-lasse de censeurs voûtés !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 24 avril 2023

PINCEZ LA PARAMESE

PINCEZ LA PARAMESE

 

Fleurissent des musiques, de riches cantates

Parfumant le solfège de délicates notes ;

En la douce fragrance de subtiles garnottes

Modelées d’un keepsake aux teintes écarlates.

 

Vivace allegro ou monodiarius d’un clavecin

Ne soufflette à l’espèce au tibicinium,

Que l’étrange apotome de ce triste vulgum

Aux cristallines larmes, et versées à dessein.

 

Au manège d’agréables portées, le prélude

En l’antecantamentum, de la didascalie,

Cachète l’eurythmie au bran de l’hallali

Du poinçon éphélide au for de l’interlude.

 

En douce aquarelle aux polychromes teintes,

Le plectre lutine de l’instrument vivant

Le fragile cordeau aux friselis mouvants :

Etoupe que modulent d’altérables plaintes.

 

Quand le chordasista allume le psaltérion,

S’éventent les soupirs du basson anonyme ;

Neigent au modulus qui lentement s’anime

Les premières houppes craintes du vibrion.

 

La phonie dénature de l’ouïe amatrice,

La vaine discordance… elle se veut sereine ;

Puis, flatte des trompeuses chartes… souveraine,

La concussion érigée en revêche tutrice.

 

Mille et une folies drapent du concerto, en l’âme

D’esthètes, subtiles prouesses… et sans mal ;

Y danse au son des conus plinthis, l’animal

Dont la paissance refoule au soir l'agame.

 

Je me ferais musique si je n’étais que moi :

Inutile nomade aux primales ventées…

Nulle résipiscence ne me saurait tenter ;

Mes rires délavés bluteraient cet émoi.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 20 avril 2023

CORVEABLES A MERCI

CORVEABLES A MERCI


Braves gens de naguère, étiez des esprits :

Coruscations enténébrées de mânes,

D'évanescentes nuées que le profane prie ;

Lors, la honte, l'échec vous condamnent.

 

Dès potron-minet, princes et monarques,

Vrai ! vous asservissent encor…

Corvéables, quand banderez-vous l'arc,

Pour atteindre la cible de funestes corps 

 

Quand

 

Le dédain engraisse le despote de cour ?...

Vieillissez dans l'ombre du laudateur

Dyspnéique déviant du parcours ;

Y fleurissent laquais, palefrins ergoteurs.

 

Souffreteux du temps désincarné,

Votre armure s'enkyste aux tumultes

Difflués aux vagues malmenées,

De ces fonds excavés et incultes.

 

Je sais en ces désordres où meurt

L'ignorant déclassé, ce zélateur buté

Dont César adoube en sa demeure,

Constance, opiniâtreté… à vous en dégoûter.

 

De l'authenticité, vacille le sopor ;

Je vous plains épigones de mécénat :

Incivils, fugitifs qui, de rades en ports,

Succombent aux éloges du diaconat !

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

EN MA LIE VIOLACEE… (Sommeillent d’autres saveurs)

EN MA LIE VIOLACEE

(Sommeillent d’autres saveurs)

 

Au satin de vos lèvres somnolent des baisers,

De petites lueurs irradiant la bouche ;

La vôtre captive de mes pauses farouches,

Humidifie l’espace dont je me veux griser.

 

Au velours de la chair attentive aux ébats,

L’audace se fait reine… il pleut des insomnies

Entre nos corps défaits, d’imprudentes manies

Echues de ce rivage où le cœur se débat.

 

Délié de l’angoisse, de l’irascible aplomb :

Rubicondes pépites, sanguines appétences,

J’enferre peu à peu de la concupiscence,

Le malléable avers : ce tramage de plomb…

 

Assujetti sans autre au filin de vos gestes,

J’avance en équilibre sur la peau du désir

Dont vous êtes_ rétentive louve _ au plaisir,

Agréable Carmen, attractive bupreste.

 

Au grelot de vos rires se diluent mes attentes ;

Perceptible ô combien au calme de vos eaux,

Mon besoin s’apprivoise, tel le souple roseau

Chahuté des ventées comme amoities d’andante :

 

Enjôleuse musique qui des nuits cendrées

Soulève l’adagio enfiévré d’ambitions…

N’est ici, d’autres larmes que suées de faction

Aux aguets au tertre d’ombres madrées.

 

Je longe du courtil de votre galbe chaud,

La charmille pentue… m’en dois-je disculper ?

N’est de plus doux passage pour doper

Ma mâle certitude que ce plaisant cachot.

 

J’y vois aux primes abandons, naître encor,

Et la nuit, et le jour, les ultimes drageons

De votre bel hymen… par ce ru, engageons

De l'instant l’entrelacs de ces corps !

 

Pistez de ma vacance les rudes bosselures !

Se peut-il que la gêne contriste vos humeurs,

S’enrouent (en l’écho du remords) les clameurs

Donnant vie à notre appariement ! la fêlure

 

De contiguïté est un trouble notoire ; il tacle

En ces faits, l’ensellure voûtée… brisez-en l’aura !

Verrez aux claires mues… nul autre n’en saura

Comme vous l’approuver en la macle _

 

La beauté du simple retenir… gardez-moi

Sous la vague dont vous faites furie !

En coulant, j’y verrai en steamer équarri,

La profondeur de ma sombre cale ! les cauris

 

Paveront le deuil de mon fonds éventré ;

Morte sera la lame écumée sous mon nerf…

Au ressac de ces flots, l’avenaire

Toisera ma superbe cloquée, décentrée…

 

Deviendrai carène d’un vieux marigot :

L’épave déposée au ventre d’une rade

Où s’égarent les pas de pérégrins maussades,

L’empreinte d'amants piégés de l’albugo…

 

Toutefois, si vos pleurs font quémande au soir,

Viendrai aux molles certitudes encerner

De vos rêves mutants, et sans les encorner,

Emorfiler nos jeux rompus sous l’aiguisoir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mercredi 19 avril 2023

… PEU D’ELUS

PEU D’ELUS

 

Au théâtre des âmes s’insurgent les pasteurs

Dont la déconfiture illustre la jacasse

Nimbant le séducteur, cet arrogant pisteur,

Cet autosuffisant captivant la bécasse

 

Grisée de rituels: mornes resucées, d’envies ;

Emperchée aux cornes d’un triste autel,

Elle se veut vestale, car ne jamais dévie

De la loge sectaire où sombre le mortel.

 

Au ballet des succubes, tournoient les zélateurs

Mis au banc de la gent incivile : esprits rebelles,

Indomptés… fuient du vicariat, le muscle adducteur ;

Esquivent du noviciat, le controuvé libelle.

 


Des chapelles de la Rome agnostique,

Se coagule le sang des martyrs : vrais Témoins,  

Attentifs à L’œuvre Sacrificielle, où mystiques,

Et bigots de messes ne peuvent être oints.

 

Au charnier des cagots chancissent les dormeurs

Dont l’église bafoue_ par admonestation,

Et l’esprit et la foi étoffés de clameurs

Dardées au jour de La Crucifixion,

 

Car mon Rédempteur, sur le bois du Calvaire,

S’offrait entier pour mes propres péchés :

Surnuméraires flux de mes actes larvaires,

Excédantes poussées de l’esprit écaché.

 

Au son de la trompette, l’habit du Racheté

Sera d’or et de feu… il verra son Seigneur  

Là, dans Sa Majesté, prouver Sa Déité

Aux Elus du Royaume : disciples du bonheur.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 17 avril 2023

JE TE LIBERE Ô FEMME !

JE TE LIBERE Ô FEMME !

 

Agressée de la gent prisonnière du mal,

En lambeaux, décoiffée, arpente moitié-nue,

Le trop long boulevard accolant l’avenue…

S’étranglent son pas, son profil abismal.

 

Elle a peur en ce froid aux ventées soudaines

Qui du déséquilibre empoche les nuances ;

Ses yeux en atténuent l’étrange congruence

Dont l’angoisse brocarde l’insondable peine.

 

Raillée de la noblesse aux pointes de réserve,

Porte les stigmates des chiennes blessées ;

Refoulée de l’amant la voulant engrosser,

Porte deuil du désir travestissant les serves.

 

Perfide asymbolie aux lancinantes affres,

Tu embaumes les fées captives de tes sorts…

Les voilà battant coulpe, entoilées de tussor :

Penaudes odalisques aux breloques de safre.

 

Montent aux nuits cuivrées d’artères vidées,

Entremêlés de rires, le râle et les cris

D’esclaves du pavé… ces ilotes proscrits

De la maréchaussée, ces houris dénudées.

 

Aux portes du plaisir, s’émoussent, la nuit :

Riches courtisanes et gaupes de cités…

Fondent en l’éveil d’âmes plébiscitées

D’anonymes probants... à l’aube, s'enfuient

 

Aux grasses muches, fatales attractions

Sous le frêle duvet du péché agioteur

Dont le carnier flatte le contempteur ;

Son havresac ploie aux vents des passions.

 

Elle subit le joug de ces palefreniers

Se prenant pour des hommes : valets

Empuantis de pisse, de vesses déballées

De fécales raclures… à vous en répugner…

 

Soubrette de paillasse, catin de lupanar :

Camériste déchue, suivante humiliée_

Tout semblait convenir à sa vie résiliée ;

Tout ! même les soupirs du fier goguenard.  

 

La honte est un hansart entre d’habiles mains:

Horrible tranchoir posé au catafalque

Du bel aristocrate piégé en la défalque

D’un noble maniéré à la toge carmin :

 

Immodeste banquiste en quête de sequin

Pour appointer sur piste de baldaquin,

La poupée éventrée du piolet du coquin,

La cousette grisée du mâle… ce faquin.

 

Aux barreaux de la geôle où s’écale le rêve,

S’appauvrissent les femmes désœuvrées ;

Malgré la noblesse dont on les veut sevrer,

Gardent un cœur de reine anobli sous la sève.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023