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lundi 17 avril 2023

JE TE LIBERE Ô FEMME !

JE TE LIBERE Ô FEMME !

 

Agressée de la gent prisonnière du mal,

En lambeaux, décoiffée, arpente moitié-nue,

Le trop long boulevard accolant l’avenue…

S’étranglent son pas, son profil abismal.

 

Elle a peur en ce froid aux ventées soudaines

Qui du déséquilibre empoche les nuances ;

Ses yeux en atténuent l’étrange congruence

Dont l’angoisse brocarde l’insondable peine.

 

Raillée de la noblesse aux pointes de réserve,

Porte les stigmates des chiennes blessées ;

Refoulée de l’amant la voulant engrosser,

Porte deuil du désir travestissant les serves.

 

Perfide asymbolie aux lancinantes affres,

Tu embaumes les fées captives de tes sorts…

Les voilà battant coulpe, entoilées de tussor :

Penaudes odalisques aux breloques de safre.

 

Montent aux nuits cuivrées d’artères vidées,

Entremêlés de rires, le râle et les cris

D’esclaves du pavé… ces ilotes proscrits

De la maréchaussée, ces houris dénudées.

 

Aux portes du plaisir, s’émoussent, la nuit :

Riches courtisanes et gaupes de cités…

Fondent en l’éveil d’âmes plébiscitées

D’anonymes probants... à l’aube, s'enfuient

 

Aux grasses muches, fatales attractions

Sous le frêle duvet du péché agioteur

Dont le carnier flatte le contempteur ;

Son havresac ploie aux vents des passions.

 

Elle subit le joug de ces palefreniers

Se prenant pour des hommes : valets

Empuantis de pisse, de vesses déballées

De fécales raclures… à vous en répugner…

 

Soubrette de paillasse, catin de lupanar :

Camériste déchue, suivante humiliée_

Tout semblait convenir à sa vie résiliée ;

Tout ! même les soupirs du fier goguenard.  

 

La honte est un hansart entre d’habiles mains:

Horrible tranchoir posé au catafalque

Du bel aristocrate piégé en la défalque

D’un noble maniéré à la toge carmin :

 

Immodeste banquiste en quête de sequin

Pour appointer sur piste de baldaquin,

La poupée éventrée du piolet du coquin,

La cousette grisée du mâle… ce faquin.

 

Aux barreaux de la geôle où s’écale le rêve,

S’appauvrissent les femmes désœuvrées ;

Malgré la noblesse dont on les veut sevrer,

Gardent un cœur de reine anobli sous la sève.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023