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mercredi 5 avril 2023

RENAISSANCE

RENAISSANCE

 

Il fait déjà printemps sur la plaine humectée

De diaphanes perles chues du ciel d’avril ;

Les roses exhalent l’air empuanti du bouvril ;

S’y repaît le corpulent cheptel comme éjecté

 

Du pré où broutent quelques daines, à l’aube

Mise en écharpe au col de la nature…

Grisée en cet espace ceint de mille boutures,

La faune s’en vient naître, tel le cobe

 

Alangui au cœur même de l’Afrique…

La savane en enserre le majestueux bedon,

Plissant du hallier, du lac… l’altier tétrodon

Caché sous les ajoncs, et qu’encage la crique.

 

De suaves senteurs éclatent leur fragrance,

Eparpillent les sucs de la flore captive

De ce tableau aux nuances trop vives,

Cependant que le lac souffle sa radiance.

 

Mon cœur pose complainte aux ventées anodines,

Emulsionne du temps les secrètes ridules…

J’y vois sous d’autres bises d’agréables fusules

Délacer de la soie, les miasmes d’amine.

 

Etrécies au ventre des prairies, les sentes nues

Piègent l’empreinte pérégrine de flâneurs

Enivrés du preste renouveau… le promeneur,

La mutine rosière s’arment en ingénus,

 

A quadriller au frais de la charmille, l’alleu

Où s’esbaudissent les amours contadines,

Le noduleux pampre boudé de citadines

Lestées de vains désirs, de murmures fielleux.

 

En cette renaissance aux ascétiques laudes,

D’affronts jubilatoires, aux liesses ténues,

Les ombres s’amenuisent sans autre retenue,

Peu à peu évidées de joutes billebaudes.

 

Ne se peut _ en ce doux retenir _ conglober

Et l’espace, et le temps… c’eût été démentiel

D’aliéner à la vie l’antre artificielle

De ces ides vaincues, ces saisons bilobées !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023