La plus
humble demeure est un palais de roi
Où s’harmonisent
encor les complices amours ;
S’élèvent
hors la nue, en l’empreinte du jour,
Ses plus
suaves tons déportés du noroît.
Derrière le
retable de ses larges auvents,
S’allument
des miroirs dont le teint coordonne
En des
nuits feutrées, aux mises de maldonne,
De luisantes
flammèches en engoulevents.
Parfois, au
matin blême, aux heures étirées,
Derrière la
fenêtre de la chambre à coucher,
De noduleuses
branches viennent effaroucher,
Les dernières
noctuelles s’y semblant mirer.
Bancale,
comme bambane, la vieille cheminée
Etrécie de
son âtre le col du long conduit
Où s’étirent
sereines jusqu’au sombre réduit,
D’ignifuges
brandons dessertis, calcinés.
Une simple
cuisine où fument aux aurores
Quelque mousse
gratine, l’odeur d’un bon café,
L’arôme qui
du four tiède se peu à peu défait
De l’humide
volute illutant ce décor :
Crasseuses
spirales dont les braises conspuent
Les miasmes
carbonés, les nocives bribes…
Rien qui ne
se puisse, en l’encre bleue d’un scribe,
Flouer l’ordre
banal… en l’ininterrompu.
Une baignoire
cuivrée, un lavabo sous vasque :
Un cabinet
d’aisance balayé d’un faisceau
De froides
lumières profilées en arceaux,
Pénétré de lueurs
comme chues d’une fiasque.
Et puis…
Une pâle
pièce emplie de babioles… un bureau
Rehaussé d’une
ancienne lampe… c’est d’ici
Que fusent mes
fontaines… mes soupirs forcis
S’acclimatent
aux mots encagés aux barreaux
Dont ma
plume fait fête… oui, c’est ici que j’écris,
C’est là,
en ce doux cloître repu d’alexandrins
Que j’éveille
Candace d’étuve de poudrin,
Avant d’en
dénuder au confort de ses cris,
L’itératif
écho : ce brûlant artifice égrappé
De nuances,
débridé de chambard…
J’entoile
de musique, au rets de la gabare,
Tous les
râles cognés dont elle se veut draper.
De cette
humble demeure enfiévrée de rêves,
Ma poésie
éclate sous la peau du penseur
Ses plus
riches blessures dont le flux apiéceur
Supporte le
bâti d’une impossible trêve.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
