pinterest

vendredi 14 avril 2023

ENCELLULES DE FEINTES (Au banquet des silènes)

ENCELLULES DE FEINTES

(Au banquet des silènes)

N’êtes-vous pas vassal, bupreste larve

Dont le fier suzerain s'accapare l’idoine ?

Mol énergumène, si le fat vous dédouane,

Sachez-donc faire coulpe en la varve

 

Où croupissent les puantes saucées chues

D’un ciel opaque, d’une bruine plombée ! …

Je vous regarde liés au silène bombé,

Noués aux prêches d’archevêques fourchus.

 

En l’entrisme du nonce pincé d’argumentaire,

Faisiez hier_ avant que de vous taire, montre

D’altruisme… qui donc vous a poussé contre

Ce mur épais lézardé d’énoncés délétères (!?)

 

Il flotte en vos matins, vos offices vêprés,

Mortifères fragrances de fielleux apocryphes ;

En ce pestilentiel aux généreuses griffes,

Votre âme lacérée s’étoffe de diaprée…

 

La barque qui chavire, l’esquif qui se noie

Quémandent en vos absences salutaire coudée ;

Se doivent, en ce déséquilibre, ressouder

Du vieux rostre, le majestueux harnois…

 

Vous êtes boue et suées du cortège de l’onde ;

Jadis faisiez profil bas aux tempêtes butées ;

Rasiez des rudes vagues, et pour les étêter,

Le spumescent influx aux spires rubicondes !

 

Vous voilà harnachés au licol du vice,

Etranglés au joug de cette démesure !

Vos aveux sont en toc ; vos actes, à l’usure,

Desserreront _ sans plus jamais de cesse_ la vis

 

Qui de l’écrou anoblit le maillon… indignes,

Pernicieux suppôts de dupes apparences !

J’ai su me prémunir des salves d’allégeance ;

N’ai point aux mortes fêtes pris pour signes,

 

Vos pompeuses orgies, vos bassesses notoires ;

S’est dilué le temps me voulant offenser…

Mon esprit isolé de rites insensés,

Se plaît à garder cap, loin des puantes bétoires.

 

Le fou parle langage au vôtre bien semblable ;

Se peut-il, en la mise, jouer encor son dû !

O fontaine, que n’ai-je de ton eau, bu,

Sans me griser au soir d’inutiles fables !

 

Aux claudicantes marches du retenir,

J’épincette parfois l’enfance mienne,

A l’épaule d’une Margot simienne

Dont le gesticulaire bague mon avenir.

 

Est-ce pour voir fleurir les roses-thé,

Respirer les dentelles de prestes damoiselles ?

Peut-être, pensiez-vous me rompre les ailes,

Sans clore ma superbe, ni céans, l’arc-bouter !

 

Mes dimanches _ sans vos fades messes _

Ont le goût du printemps aux ères proximales,

Se parfument du rire des labiales,

De folles hardiesses... y paissent

 

Mes envies d’ailleurs… de tremblotants flux

Ecartèlent du raisonnable, avec art,

Le lassant pragmatisme, l’empirique fard

Posés à la balèvre de désirs crispés ; y affluent

 

Au sommeil des sages_ je veux du perceptible,

Doigter le songe clos_ oui ! je veux de la cible,

En atteindre l’archère, aux huées coercibles,

L’empyreume relent… moi, aède sensible.  

 

Pour formuler du verbe d’inaltérables donnes,

Ai_ par devers moi _ accusé le sabir de graver

De brèves de comptoir, à s’en gaver,

La vraie périmétrie… certes, le slang bedonne,

 

En de vieilles tavernes, quelque borborygme ;

N’est-ce pas vous, lâches penseurs d’insert,

Qui jadis, offriez confortable assise, concerts

Sous le halo de trompeurs paradigmes ?

 

Sans jouer les sycophantes, irai dénoncer

A la gent respectable ce douteux commerce

Encanaillant les mufles sous la cerce

Engoulant le naïf… devrais-je y renoncer ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023