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samedi 29 avril 2023

LE POLLEN DE L’ENFANCE

LE POLLEN DE L’ENFANCE

 

Mon enfance est une île où naissent

Victoires, et salutaires exploits

Dont les cœurs en détresse

Se viennent sustenter, et que ploient

 

Sous d’immenses fardeaux, l’âme, l’esprit

De séducteurs : promettent addendum

Au croyant affermi… quand il prie

Sans décrets, ni ukase de referendum.

 

Mon enfance est l’antre de démiurges

Punis d’être, dessous la canopée,

Contadines ébauches ; au soir, s’y insurgent

Bourrasques, embruns enveloppés

 

De pétrousquins ; Dieu en couronne

La descendance aux colères d’orage...

Ajuste à leur foi que le mal désarçonne,

L’âme de l’affranchi dézonant l’esclavage.

 

Mon enfance est le feu, l’eau qui coule

De la montagne : péléenne mue diaphane ;

En adoucit les braises, puis, en déroule

L'offensant tapis aux blessures insanes…

 

Ce volcan connu de Cyparis, enfante

Des fièvres, de vexantes coutumes;

Puis, cautérise la lave spumescente,

Dont la plaie stridule le gras bitume.

 

Lors,

L’île s’éveille aux frissons de ces ides

Adoucies de filles au galbe prometteur

Troublant des mâles en quête de subsides,

L'imposante carrure aux muscles séducteurs.

 

Elle plonge, heureuse, au miroir des eaux,

S’abreuve encor à ses failles meurtries

De maritimes sources où, pâlots,

S’étirent d’irascibles rais de l’altimétrie.

 

Mon île est un subtil parfum accroché

Aux reins des péronnelles, fragrances

Troublées de conciliabules épanchés

En l’ouïe quiète de l'adolescence....

 

Cette didascalie en évente secrets,

Afin de cacher de l'inflexible désir,

L’improbable pépie s’y venant encrer

Sur l’onde d’impudiques plaisirs.

 

Ici,

L’enfance semble auréolée

D’innommables semences, de jachères

Ouvertes aux bulbes bariolés,

Humés de telluriques broues : blachères

 

D’exuvies où la visqueuse trace

Encerne le bourgeon des volves,

Le pollen, aux vents nus de l’espace

Dessoudé des typhons aux tessitures mauves.

 

L'enfance que l’automne trouble,

Se couche, ivre de salvations…

Avec sérénité, s’y allonge mon double

Dénudé de longs pleurs, d’influx d’émotions.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023