Mon enfance est une île où naissent
Victoires, et salutaires exploits
Dont les cœurs en détresse
Se viennent sustenter, et que
ploient
Sous d’immenses fardeaux, l’âme,
l’esprit
De séducteurs : promettent
addendum
Au croyant affermi… quand il prie
Sans décrets, ni ukase de
referendum.
Mon enfance est l’antre de
démiurges
Punis d’être, dessous la canopée,
Contadines ébauches ; au soir,
s’y insurgent
Bourrasques, embruns enveloppés
De pétrousquins ; Dieu en
couronne
La descendance aux colères d’orage...
Ajuste à leur foi que le mal
désarçonne,
L’âme de l’affranchi dézonant
l’esclavage.
Mon enfance est le feu, l’eau qui
coule
De la montagne : péléenne mue
diaphane ;
En adoucit les braises, puis, en
déroule
L'offensant tapis aux blessures insanes…
Ce volcan connu de Cyparis, enfante
Des fièvres, de vexantes coutumes;
Puis, cautérise la lave spumescente,
Dont la plaie stridule le gras bitume.
Lors,
L’île s’éveille aux frissons de ces ides
Adoucies de filles au galbe
prometteur
Troublant des mâles en quête de
subsides,
L'imposante carrure aux muscles séducteurs.
Elle plonge, heureuse, au miroir des eaux,
S’abreuve encor à ses failles meurtries
De maritimes sources où, pâlots,
S’étirent d’irascibles rais de
l’altimétrie.
Mon île est un subtil parfum accroché
Aux reins des péronnelles,
fragrances
Troublées de conciliabules épanchés
En l’ouïe quiète de
l'adolescence....
Cette didascalie en évente secrets,
Afin de cacher de l'inflexible désir,
L’improbable pépie s’y venant encrer
Sur l’onde d’impudiques plaisirs.
L’enfance semble auréolée
D’innommables semences, de jachères
Ouvertes aux bulbes bariolés,
Humés de telluriques broues : blachères
D’exuvies où la visqueuse trace
Encerne le bourgeon des volves,
Le pollen, aux vents nus de
l’espace
Dessoudé des typhons aux tessitures
mauves.
L'enfance que l’automne trouble,
Se couche, ivre de salvations…
Avec sérénité, s’y allonge mon
double
Dénudé de longs pleurs, d’influx
d’émotions.


