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jeudi 6 avril 2023

ELEGIAQUE HERE

ELEGIAQUE HERE

 

Avant d’avoir aimé, avant d’avoir pleuré

Sur la peau du cristal de rêves inhibés,

Ai rompu de mes peurs prohibées,

Le plus faible maillon, sans me jamais leurrer.

 

Ai fait montre d’adresse, vidé de peccavi,

Posant borne au silence de vieux anachorètes

Agrémentés de larmes étouffées du poète,

Chamarrés de grimaces prisonnières d’envies.

 

Que ne suis-je plus moi en ces songes étroits !

Mes nocturnes escales virent au cauchemar ;

De mes pompeux souhaits coudés en coquemar,

Filtrent des objectifs étirés... maladroits…

 

Quand vacillent mes mots, ne me reste plus rien ;

Rien qu’un passé éteint dont les ombres accorent

D'infimes charges… piégée en ce vaste décor,

Ma dégaine bat mesure en piolet galérien.

 

Si j’avais de l’absence exploré vacuité,

Me serais fait ascète en quelque monastère

Où dans un prieuré aux loges vacataires…

Mais...  je veux hériter d’une autre vérité :

 

Celle qui de l’absolu entaille l’inconfort !

Je veux mordre au nanan, abouté d'efforts,

Corroder de la chair le juteux contrefort…

 

En me faisant aède de troubles équivoques,

Ai blessé de ma frêle monture le bât ;

En ce déséquilibre où l’aplomb fait débat,

Mon moi velléitaire aux affres plurivoques,

 

Cherche issue, sans nier de l’existentialisme,

Doctrine princière… serf en d’autres lieux,

Impuissant factotum au reflux bilieux,

Le zèle du uhlan m'encloue au gestaltisme.

 

J’emprunte des traboules avant que de tracer

Aux fragiles lignures _ au soir de lune pleine,

D'éphémères empreintes sur la plaine

Où paissent les fantômes de l'âme trépassée…

 

Avant d’avoir connu du plaisir l’hédonisme,

Ai fardé de blandice les vierges hypocrites :

Ces drôlesses coincées, perméables aux rites

D’un catéchuménat lesté de syncrétisme.

 

Me suis retrouvé seul, égrenant sur mon lit,

De perfides fantasmes de puceau désœuvré,

De chimériques tacles… vrai !... J’en survivrai,

Ce, quoiqu’il m’en coûte… l’offense est un délit,

 

Et ma froide monture, cette farouche carne,

Ne saurait me conduire en des limbes cloqués…

Sine tempus terrere* en poussant le loquet,

J’encage ma vertu aux pauses qui l’incarnent.

 

*sans avoir le temps de paniquer

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023