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dimanche 2 avril 2023

CLOISONNEMENT FATAL

CLOISONNEMENT FATAL

 

Ne point ferai bombance en des estaminets,

Sous d’exsangues quinquets où, la nuit,

S’évaporent au plus fort de l’ennui,

Volutes éthérées, et relents avinés !

 

Te surprendrai au faisceau d’autres lunes,

Quand sombre la nue auréolée d’ivresses ;

Donnerai à nos bouches encloses d’allégresse,

Le nard de parfums aux fièvres opportunes.

 

Disjointes en l’aurore, nos mains feront accord

Au creux de la rayonne déplissée de suées ;

Nos doigts entrelacés, au souffle de Bossuet,

Donneront à sa prose des reflets isochores.

 

Il nous faudra bercer du silence trompeur,

Avant que de se lier au pal du baldaquin,

Les morsures cuivrées de tes gestes taquins,

Les escarres brunies d’insolubles vapeurs.

 

En prenant raccourcis aux astres encordés,

Irai battre jouissance, humecté de frissons ;

Il y aura peut-être, écho en l'unisson

De fatales empreintes avant que ne bleuissent,

 

Halitueuses cicatricules, cerces dilatées

Sur la peau de mes baisers sonores, 

Librement permutés d’impalpables remords,

Et qu’absolvent les feux de la fatalité.

 

Au sentier de tes reins, s'arc-boute le plaisir ;

Ta chair fait caprice de trompeuses invites :

Inutiles toquades de douleurs en lévite

Au chaudes accolades… avant que de gésir.

 

O permanente femme sous altière livrée,

Que ne te puis-je nier, en ce quadrilatère

Emmuré à la couche aux rages délétères

De froids gémissements me voulant enivrer !

 

J’ai appris à dompter_ du vice à la vertu _

Les possibles alcades dont l’audace m’accuse ;

Pris au réceptionnaire où s’ingénue la muse

Suspendu à mon pal d’amant en substitut.

 

De mes aveux en toc, au houleuses confesses,

N’ai plus rien d’un héraut en la tonitruance

De douteuses harangues… suis, amorti d’allégeance,

Piètre céladon enjugué de détresses.

 

Quand je viens cheviller ta peau désinhibée,

Ton cuir fantassin, s’éparpillent nos rêves,

S’éventent nos besoins… là, s’écoule la sève

Dont ta rose voilure se voudrait imbiber.

 

Tu égratignes de mon derme défait

Les sanglantes plissures... par audace ;

Les larmes ont vieilli ton agréable face :

Surprenant gréage aux atroces méfaits.

 

En l’estuaire de tes secrètes ouches,

Me suis abandonné : espiègle volontaire

De battues coudoyées d’autres terres,

Vidé, sous la coulure adulant la souche

 

Sur laquelle se pose la serve ravagée

De vents éparpillés, de mutants arpèges

D’un clavecin buvant du matin grège,

Les dernières notes savamment encagées

 

De phonie à nulle autre semblable : adagio

Pour galant en mal de convenance…

J’en concède, après moult prévenances,

L’usage prohibitif… sans ce religio.  


 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023